La Suisse financera un projet de mobilité en France voisine

Transports 3,5 millions de francs pour un bus à Annemasse

Le Grand Genève a beau connaître des pannes, des projets transfrontaliers continuent cependant à avancer. Illustration ce mardi à Annemasse (Haute-Savoie) où pour la première fois la Confédération helvétique a officiellement versé des fonds pour cofinancer un projet de mobilité sur le territoire français, en l’occurrence un Bus à haut niveau de service (BHNS) baptisé Tango qui circulera à Annemasse.

Le montant suisse est de 3,5 millions de francs, soit 15,30% du coût total du projet (22,60 millions). «Cette signature est historique», ont précisé Christian Dupessey, président d’Annemasse Agglo, et François Longchamp, président du Conseil d’Etat de Genève qui, pour le versement de ces fonds fédéraux, a joué le rôle d’intermédiaire. La convention ratifiée par les deux parties remonte à 2011 quand Berne s’était engagé à fournir cette somme dans le cadre du projet d’agglomération franco-valdo-genevois de première génération. «Plus le réseau des transports publics sera efficace à Annemasse, plus la situation de Genève en termes de mobilité sera améliorée. Ce bus est un gain pour chacun et c’est ce que la Confédération a parfaitement compris», a résumé François Longchamp.

«Interconnexion»

Entre Juvigny et Vetraz-Monthoux (7,5 km de tracé dont 40% de voies réservées), le BHNS Tango sera relié au réseau TPG genevois et montera en puissance avec la mise en fonction en 2019 du CEVA et le prolongement du tram 12 vers Annemasse. La cadence actuelle d’un bus toutes les 15 minutes passera alors à 9. Le système de régulation et d’information voyageur sera géré par les TPG. Quatorze stations sont prévues dont une à la gare d’Annemasse où les usagers pourront monter dans le CEVA. Deux P + R financés par Annemasse Agglo et le Conseil général de Haute-Savoie seront construits aux deux extrémités du tracé «pour capter l’arrivée des frontaliers qui viennent du Chablais ou de Bonneville», indique Christian Dupessey. Il poursuit: «Nous enregistrons 14 000 voyages par jour dans nos transports publics, l’objectif est de passer à 44 000 en 2020, rouleraient alors 4000 véhicules de moins par jour et on respirerait mieux.»

Jean Denais, le maire de Thonon et président de l’Assemblée régionale de coopération, a parlé lui aussi «d’une bonne nouvelle qui nous rassure après les récents blocages». «Je crois savoir, a expliqué l’édile, que 550 000 véhicules entrent et sortent chaque jour de Genève, c’est impressionnant. Le canton et la France voisine ont une interdépendance et une interconnexion, un tiers des actifs genevois vivent en France, ce type de projet transfrontalier doit être pris en exemple.» Le cas du prolongement du tram 12 de la douane de Moillesulaz jusqu’au quartier du Perrier à Annemasse a été évoqué sans pour cela que des avancées aient été notées. Les élus français accusent le canton de Genève de ne pas tenir ses engagements de cofinancement des travaux. Le Conseil général de Haute-Savoie et Annemasse Agglo vont mettre 60 millions d’euros dans ce projet, la Confédération 20 millions. Restent 10 millions à trouver. Interpellé par Christian Dupessey, François Longchamp est demeuré silencieux.