La réouverture progressive des écoles et des crèches apparaît comme l’une des premières mesures du déconfinement dans les pays qui nous entourent. Dans l’attente des annonces du Conseil fédéral qui établira le calendrier suisse de la sortie de crise, les garderies et les écoles se préparent en coulisse à un redémarrage. «La fermeture des écoles et des garderies a bloqué le pays entier il y a un mois, leur réouverture serait l’élément permettant de relancer petit à petit le mouvement», considère Mélanie Cuellar, directrice du centre de vie enfantine de Chailly à Lausanne. «De notre côté, nous sommes prêts et impatients d’accueillir tous les enfants de notre établissement, nous le ferons dès que les autorités nous le permettront. Peut-être est-ce la pression des employeurs, mais nous commençons d’ailleurs à recevoir des e-mails de la part des parents qui s’enquièrent des prochaines décisions. Je ne ressens pas de crainte de la part des éducatrices à recôtoyer les enfants, je pense par contre que quelques familles les garderont encore un peu à la maison par mesure de précaution. Pour certains, cette période de confinement aura suscité des envies de promiscuité familiale, de baisse de taux de travail et de garde partielle à domicile.»

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Dans le canton de Vaud, le Conseil d’Etat anticipe le versement d’une partie de sa subvention 2020 à hauteur de 16,6 millions afin d’assurer des liquidités à ses réseaux d’accueil de jour. Dans une phase ultérieure, il se penchera sur la question de leur manque à gagner depuis leur fermeture le 18 mars dernier.

Une ouverture progressive ou simultanée des écoles?

La question qui agite les enseignants romands est celle qui distinguerait la réouverture des écoles primaires et des classes secondaires. Aussi, le relâchement des mesures concernant les écoles serait-il coordonné au niveau suisse ou laissé à l’appréciation des cantons? Les directions générales de l’enseignement attendent toutes les mots d’ordre du Conseil fédéral, qu’ils espèrent voir tomber jeudi. Les professeurs sont à pied d’œuvre pour regagner leurs salles de classe, habités par quelques appréhensions.

«Toutes les mesures de sécurité devront être assurées, réclame Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands. Si les distanciations sociales doivent continuer à être respectées, certaines écoles se retrouveront avec des locaux trop petits. Il s’agira par exemple d’équiper les salles de classe de poubelles fermées et de savons adéquats.»

Les élèves devront-ils porter des masques, de même que les enseignants? Pourront-ils à moindre risque prendre les transports publics pour se rendre à l’école? Entre eux, les professeurs imaginent une reprise alternée avec une moitié de classe le matin, et l'autre l'après-midi, pour éviter les regroupements trop importants. «Nous devrons veiller à suivre psychologiquement les élèves qui auront vécu des situations difficiles durant le confinement, reprend le syndicaliste. La reprise se fera par un temps de transition, une période pour reprendre ce qui a été fait durant le temps de continuité pédagogique mis en place depuis le 13 mars.»