Le directeur du Centre islamique de Genève, Hani Ramadan, de nationalité suisse, a été empêché d'entrer en Egypte. Cet enseignant genevois s'apprêtait à rendre visite à plusieurs membres de sa famille. Alors qu'il arrivait de Suisse dimanche, il affirme avoir été retenu durant cinquante-huit heures dans des locaux de l'aéroport du Caire. Il a été remis dans l'avion pour Zurich mercredi matin, a-t-il raconté à son retour.

Selon lui, l'incident est en lien avec ses activités à la tête du Centre islamique genevois. Du moins les autorités égyptiennes le lui auraient-elles laissé entendre, mais de manière peu claire, précisant seulement agir sur ordre des services de sécurité égyptiens. Hani Ramadan a toutefois pu contacter ses proches par téléphone pendant qu'il était retenu. Il n'a pas été fouillé et estime avoir été bien traité.

Hani Ramadan a également pu avertir l'ambassade de Suisse au Caire. Hans-Peter Heiniger, vice-consul à l'ambassade, qui confirme avoir pu s'entretenir avec lui, indique que des explications ont été demandées auprès du Ministère des affaires étrangères égyptien. «Nous n'avons pas encore de réponse. Nous ignorons les raisons pour lesquelles Hani Ramadan n'a pu entrer dans le pays, alors qu'il y avait été autorisé il y a encore quelques années», relève-t-il. Tout en soulignant que chaque Etat a le droit de refuser l'entrée d'un étranger, Hans-Peter Heiniger rappelle que les autorités égyptiennes font preuve d'une «certaine méfiance», notamment depuis l'attentat de Louxor. L'ambassade attend la réaction des autorités égyptiennes pour décider de l'attitude à adopter.

Petit-fils du fondateur des Frères musulmans en Egypte, Hani Ramadan avait déjà attiré l'attention des autorités égyptiennes en 1995, en dénonçant la répression dont faisaient l'objet les opposants islamiques. C'est toutefois la première fois qu'il est empêché d'entrer dans le pays.