Commentaire Un défi de crédibilité

Ça fait beaucoup. Nestlé, puis Syngenta, sans oublier le géant chimique Clariant parmi les sponsors généraux: face au thème de l’Exposition universelle, «Nourrir la planète», la Suisse semble se donner une image fort industrielle. Nicolas Bideau, le chef de Présence Suisse, a beau brandir ses tranches de pommes séchées pour assurer de son amour des petits paysans, le malaise a sa raison d’être.

Il n’y aurait aucune raison, sinon dogmatique, de refuser les sponsorings. Dans ces raouts mondiaux, les pays se présentent avec leurs fleurons industriels, cela remonte même à la genèse des expos universelles. Ensuite, c’est affaire de dosage dans les installations nationales. Il y a cinq ans à Shanghai, la débauche de Peugeot, Sanofi ou Vuitton dans le pavillon français manquait singulièrement d’élégance. Les pays se lient même à des marques globales n’ayant guère d’histoire locale. A Milan, à côté des Suisses, les Allemands seront soutenus par Samsung.

Dans le cas de la Suisse, à cette Expo 2015, il faudra convaincre. A ce stade, avec ses distributions gratuites et ses partenaires si marqués dans l’agroalimentaire et l’agrochimie, le pavillon helvétique a quand même un air de Monsieur Loyal pour des grands groupes, alors que le débat posé par le sujet de l’exposition appelle une approche nuancée et à dimensions multiples. Si elle veut être crédible, la représentation suisse devra en tenir compte.