Ailleurs en Europe, la formule vers laquelle tend la Suisse – «un enfant, une allocation» – est déjà répandue. La majorité des pays ne font pas de distinction entre salariés, indépendants et personnes sans activité lucrative. L'Italie, l'Espagne, la Grèce et la Belgique se rangent pourtant aux côtés de la Suisse dans la colonne des exceptions. En Islande, au Portugal, en Italie et en Espagne, ce droit est lié au revenu familial.

Dans presque toute l'Europe, il faut avoir au maximum entre 16 et 18 ans pour prétendre aux allocations, tout comme en Suisse. Seule la France se montre plus généreuse. Elle prévoit une limite fixée à 20 ans. Plusieurs pays revoient leurs barèmes à la hausse pour les jeunes en formation, parfois jusqu'à 27 ans (25 en Suisse). Seuls la Belgique, l'Irlande et le Portugal fixent un âge limite pour les enfants handicapés.

Dans la plupart des pays européens, les montants mensuels par enfant varient entre 80 et 150 euros (entre 120 et 225 francs). En Suisse, l'allocation moyenne par enfant est de 185 francs. La plus grande partie des pays voisins échelonne également le montant de ses allocations selon le nombre d'enfants et non selon leur âge.

En règle générale, les allocations sont financées dans une large mesure par la fiscalité. La France, l'Autriche, le Portugal et le Luxembourg prévoient aussi des cotisations de la part des employeurs. L'Italie et le Liechtenstein financent les allocations familiales exclusivement par les cotisations des employeurs et la Grèce par les cotisations des employeurs et des employés. Le système suisse est uniquement financé par les employeurs. Les indépendants cotisent aussi dans certains cantons.