Le Conseil fédéral a ajusté mercredi sa position à propos de la situation en Irak. Dans un communiqué ciselé, le gouvernement estime que «la résolution 1441 de l'ONU ne constitue pas une base suffisante pour entreprendre une action militaire en Irak». En clair, sans nouvelle résolution des Nations unies, une guerre contre le régime de Saddam Hussein serait considérée par le Conseil fédéral comme un conflit armé entre Etats. Dans ce cas, explique le communiqué, «la Suisse appliquerait son droit à la neutralité». Un droit qui pourrait impliquer la fermeture de l'espace aérien suisse aux appareils militaires étrangers et l'interdiction de la vente d'armes aux parties en conflit. «Il est toutefois trop tôt pour évoquer ce genre de mesures concrètes», explique un connaisseur du dossier. En fait, confie-t-il, il s'agissait surtout d'accorder les violons avant le Forum économique de Davos où se rendent quatre conseillers fédéraux. Le fait que Micheline Calmy-Rey n'ait pas souhaité venir s'exprimer elle-même devant la presse n'a rien à voir avec une quelconque opposition. La discussion du Conseil fédéral s'est très bien déroulée, assure-t-on. La nouvelle ministre des Affaires étrangères préfère simplement réserver sa première vraie apparition devant les médias pour le jour où elle a vraiment quelque chose à dire. Ce sera samedi, au terme de l'entretien qu'elle aura avec son homologue américain Colin Powell.