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L'indice de liberté d'enseignement est plus élevé si la liberté de choix est privilégiée et encouragée par les autorités.
© Amel Emric

Education

La Suisse n'est que 68e au premier indice de la liberté d'enseignement

Les pays du nord de l'Europe arrivent en tête d'un indice qui évalue le respect des libertés dans l'éducation et l'attitude de l’Etat face au pluralisme scolaire. La Suisse est classée derrière le Venezuela…

La Suisse appartient aux premiers de la classe en termes de liberté économique, ainsi que l’a récemment rappelé l’indice de la Heritage Foundation. Mais elle est loin des premiers rangs, seulement 68e avec 54 points sur un total de 100, dans l’indice de liberté d’enseignement calculé par OIDEL, une ONG genevoise, fondée en 1985, dont l’objectif est la promotion du droit à l’éducation, est dotée du statut consultatif auprès des Nations unies, l’Unesco et du Conseil de l’Europe.

Six des dix premiers rangs appartiennent à des pays d’Europe du Nord. L’Irlande est leader mondial, devant les Pays-Bas, la Belgique, Malte, le Danemark et le Royaume Uni. La France est 16ème, les Etats-Unis 17es, l’Allemagne 24e, Singapour 34e, l’Inde 61e, le Venezuela 67e.

Les écoles non-gouvernementales comme critère

L’indice de liberté d’enseignement, un rapport de 400 pages, couvre 136 pays et 94% de la population mondiale. Il sera actualisé tous les deux ans et se compose de quatre indicateurs basés sur des normes internationales: La possibilité légale de créer et gérer des écoles non-gouvernementales (ENG), l’aide financière étatique destinée aux ENG, le taux de scolarisation et le taux d’inscription dans les ENG. L’étude parle d’écoles gouvernementales lorsqu’elles sont gérées par l’État et financées par les impôts et d’écoles non gouvernementales lorsqu’elles sont financées par les représentants de la société civile. Le deuxième cas regroupe les écoles privées, libres, indépendantes etc.

Seuls trois cantons accordent des subventions

En Suisse, les dépenses publiques pour l’éducation représentent 5% du PIB et 16,1% des dépenses publiques. Le taux de scolarisation dans les ENG atteint 5% au niveau primaire et 10% au secondaire. Il est possible de créer et de gérer des ENG. La Suisse répond ainsi au premier critère de l’indice. Mais elle souffre par contre d’une aide modeste au financement des ENG. La majorité des cantons ne finance pas les ENG, selon le rapport. Seuls trois cantons, Grisons, Jura et Zurich, accordent des subventions de valeurs différentes. Par ailleurs, quatre votations cantonales ont rejeté un élargissement de la liberté d’enseignement ces dernières années.

Les trois notions contenues dans la liberté d’enseignement

L’objectif «n’est pas d’établir un classement pour lui-même, mais de permettre aux Etats d’évaluer leur situation par rapport aux standards mondiaux sur le droit à l’éducation», indique au Temps Alfred Fernandez, directeur général d’OIDEL, responsable de ce travail, en collaboration avec la Fondation Novae Terrae. «La liberté d’enseignement forme un tout avec le droit à l’éducation qui ne se résume pas à l’accès à l’éducation», observe-t-il. «Sans moyens financiers pour les écoles non gouvernementales, la liberté d’enseignement est un leurre», ajoute-t-il.

«Le choix de l’école n’existe pas vraiment s’il est réservé aux parents au bénéfice de hauts revenus», fait valoir Alfred Fernandez. Selon ce dernier, la liberté d’enseignement est ici définie à travers trois notions qui cohabitent: celle du droit d’enseigner, celle du droit d’apprendre et celle du droit de choisir son maître. Pour l’ONG, la liberté d’enseignement met en cause à la fois la liberté d’opinion (droit d’enseigner), l’égalité des individus (droit d’apprendre) et la liberté de conscience, le droit de choisir son maître.

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