A Côme, des centaines de réfugiés refoulés attendent d’être fixés sur leur sort. Alors que la Suisse renvoie les migrants à la gare de Chiasso, les statistiques de l’asile baissent. Selon la Schweiz am Sonntag, la Confédération prévoit d’accueillir moins de requérants en 2016 qu’en 2015. Les chiffres montrent que 16 754 réfugiés étaient entrés en Suisse à la fin du mois de juillet. Ce sont donc 29 000 demandes d’asile qui devraient avoir été déposées à la fin de l’année, soit 10 000 de moins que l’an passé. Le président de l’UDC Albert Rösti s’en réjouit: «Nous sommes heureux que Maurer ait durci les contrôles.»

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Selon la Sonntagszeitung, toutefois, «les fonctionnaires de l’asile craignent une rupture à la frontière». Dans une mise à jour datée du 9 août et envoyée aux gouvernements cantonaux, le Secrétariat d’Etat aux migrations estime que les réfugiés qui attendent en Italie pour se rendre dans le nord de l’Europe pourraient être tentés de demander l’asile à la Suisse, parce qu’il leur est de plus en plus difficile de se déplacer dans l’Union européenne.

A la culture de l’accueil, succède l’été de l’hypocrisie

Pour le rédacteur en chef de la Sonntagszeitung Arthur Rutishauser, «la vérité est tue ou enjolivée». Alors que les réfugiés devraient pouvoir déposer une demande d’asile en Suisse ou dans n’importe quel pays de l’Union européenne, «les frontières sont fermées», et «même les enfants ne peuvent pas entrer». Pour le journaliste, «à la culture de l’accueil, succède l’été de l’hypocrisie».

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Le Matin Dimanche brosse le portrait de quatre migrants mineurs, qui «doivent être protégés», mais que la Suisse renvoie. Selon les responsables du centre pour mineurs de Rebbio, 300 à 400 mineurs non accompagnés auraient été refoulés à Chiasso depuis la mi-juillet. Pour la rédactrice en chef Ariane Dayer, «Il ne s’agit plus d’un conflit gauche-droite», mais d’une affaire de décence: «Ils ont 16 ans».

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Tous contre la Burqa

En prenant position contre la burqa, le conseiller d’Etat socialiste zurichois Mario Fehr a inspiré les politiciens du pays. Dans la Neue Zürcher Zeitung am Sonntag, le président des verts libéraux zurichois Thomas Maier se déclare prêt à accueillir le «social-traître»: «Avec son profil politique, il s’insérerait bien chez nous. Si Mario Fehr venait frapper à notre porte, elle ne resterait certainement pas fermée».

Parfois c’est l’interdit qui libère

Dans une interview accordée au Matin Dimanche, Pierre-Yves Maillard revendique une position proche de celle de son collègue zurichois: «Je ne serai pas de ceux qui combattront l’initiative antiburqa». Pour le conseiller d’Etat vaudois, la démocratie et les libertés se sont construites avec la gauche: «Certains ont oublié que, dans une société de rapports de force, parfois c’est l’interdit qui libère».

Le Sonntagsblick s’autorise donc à conclure que «les opposants à la burqa ont le vent dans le dos». Il donne la parole à plusieurs femmes qui soutiennent l’interdiction du voile intégral. A Bâle, la socialiste Anita Fetz, la démocrate chrétienne Elisabeth Schneider-Schneiter et la libérale radicale Daniela Schneeberger sont toutes d’accord. Le rédacteur en chef Philippe Pfister insiste: «Laisser les exigences religieuses limiter la liberté d’opinion, c’est abimer l’un des principes fondamentaux de la démocratie».

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Par ailleurs, l’Office fédéral de la police (Fedpol) assiste la plateforme de partage de vidéos YouTube pour bloquer les films djihadistes. Selon la NZZ am Sonntag, l’office signale chaque semaine plusieurs vidéos de propagande qui violent le droit suisse, surtout «dans le domaine du terrorisme djihadiste». Chez YouTube, Fedpol bénéficie du statut de «trusted flagger», la société Alphabet (ex-Google), propriétaire de la plateforme, traite donc ses messages en priorité, même si la décision finale lui revient.

Les Etats-Unis se profilent sur le marché l’argent sale

Selon la NZZ am Sonntag, «le plus grand paradis fiscal du monde» profite des nouvelles obligations de plusieurs pays en matière d’échange automatique d’information «pour se renforcer sur le marché de la fraude fiscale». Avec le «Foreign Account Tax Compliance Act», Washington s’est assuré de bénéficier d’informations transmises unilatéralement par l’étranger. Pourtant, pour Peter Cotorceanu, avocat chez Anaford, «ce n’est pas un secret que les banques des Etats-Unis sont inondées par l’argent non déclaré de l’Amérique latine».

Pour Le Matin Dimanche, «il va falloir payer pour mettre son épargne à la banque». En mai, il s’est écoulé pour une valeur de 45 milliards de billets de 1000 francs. La demande n’a jamais été aussi forte depuis trente ans. Directeur général de la Banque cantonale de Genève, Blaise Goetschin explique la situation par la menace d’instaurer des taux négatifs: «Plutôt que de voir son épargne rognée par un intérêt de 0,75%, de plus en plus de clients préfèrent disposer de cette somme en billets de banque, qu’ils vont déposer dans un coffre, voire cacher à la maison».