Frontières

La Suisse des opportunités, selon le nouveau mouvement Libero

Le rassemblement constitué après le vote du 9 février pour sauvegarder les bilatérales entend militer en faveur d’une libéralisation de l’immigration venue des Etats tiers, des naturalisations facilitées, des crédits d’impôt et d’une répartition modifiée des coûts de la mobilité

La Suisse doit devenir le pays des opportunités du XXIe siècle. Le nouveau mouvement Opération Libero, composé de jeunes universitaires, préconise pour cela un bouleversement politique et un catalogue de mesures. Parmi ces dernières, une libéralisation de l’immigration des Etats tiers, des naturalisations facilitées, des crédits d’impôts et une répartition modifiée des coûts de la mobilité.

Un marché du travail libre et ouvert constitue «le fondement de notre prospérité et de notre développement personnel», a affirmé lundi Dominik Elser, coprésident du mouvement, devant les médias à Berne. La Suisse doit donc maintenir la libre circulation des personnes et libéraliser l’immigration des étrangers.

Les ressortissants des Etats tiers, soit ceux hors Union européenne (UE), doivent bénéficier de davantage d’autorisations de séjour. Ceci notamment afin de satisfaire la demande en main-d’œuvre peu qualifiée, principalement dans le secteur des services, étaie la nouvelle formation politique.

Dans le même ordre d’idées, la procédure de naturalisation doit être simplifiée, plaide Opération Libero. Et d’invoquer une réduction de la durée de séjour nécessaire à l’obtention d’un passeport suisse, qui devrait être fixée entre trois et cinq ans, au lieu de 10.

UE: débat de fond souhaité

La nouvelle formation, qui se défend d’être un parti politique, soutient la voie bilatérale avec l’UE. Mais elle regrette qu’un débat de fond portant sur la position de la Suisse en Europe n’ait toujours pas eu lieu. Cette discussion doit être menée, «en toute franchise et sans prendre de gants». Une adhésion à l’UE n’est pas exclue, mais pas prioritaire.

Le nouveau mouvement n’est pas avare de propositions dans d’autres domaines, comme la fiscalité. Il soutient les crédits d’impôts pour les personnes à faibles revenus. «Cet instrument est plus efficace que des subventions peu ciblées.» Son financement pourrait être assuré grâce à la suppression d’aides sociales comme la contribution aux frais de logement ou de transport.

Concernant la mobilité, Opération Libero veut revoir la répartition des coûts. Les usagers doivent davantage assumer les charges qu’ils engendrent. Avec pour corollaire, une hausse de la facture des automobilistes et des passagers des transports publics.

Enfin, tous les modes de vie et formes d’union doivent jouir du même statut légal, soutient le mouvement. Aucune personne ne peut être défavorisée en raison de son choix de relation. La taxation fiscale individuelle doit donc être privilégiée.

Pas candidats aux élections fédérales

Le nouveau mouvement, qui axe son action sur les réseaux sociaux et Internet, ne compte pas participer aux élections fédérales de l’automne 2015. Mais il prévoit de recommander des candidats libéraux d’autres partis.

Ses membres sont libres d’être actifs dans un parti politique. La seule condition pour participer à Opération Libero est de «s’identifier à ses positions libérales», précise Dominik Elser, assistant à la Faculté de droit de l’Université de Berne. L’initiative Ecopop, en votation le 30 novembre, ne trouve donc pas grâce aux yeux du mouvement.

Opération Libero se compose principalement de jeunes universitaires alémaniques et membres du laboratoire d’idées foraus, un forum indépendant spécialisé dans la politique étrangère. Il est né suite au vote populaire du 9 février, et à l’acceptation de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse. Note aux rédactions: Encadré suivra

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