Entrez. Dès ce lundi, l’ensemble des postes-frontières du pays rouvrent sans restriction aucune. Le trafic avec la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie est normalisé, les restrictions d’entrée en Suisse à l’égard des ressortissants des Etats Schengen tombent, la libre circulation est de retour et la crise sanitaire aux douanes helvétiques fait partie de l’histoire.

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Le retour de la liberté

Le statu quo ante est de retour jusqu’à la frontière sud. Rappelons que l’Italie avait unilatéralement décidé de rouvrir ses portes dès le 3 juin, mouvement que Berne n’avait pas suivi. Ces deux dernières semaines, il était ainsi possible de pénétrer au Piémont ou en Lombardie, mais pas d’y faire du «tourisme d’achat». Une gageure pour les commerçants transalpins fortement malmenés par des mois de fermeture. Cet épisode diplomatique complexe est désormais clos. Outre les ressortissants des pays voisins, la Suisse accueille dès aujourd’hui ceux de l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Certaines restrictions demeurent cependant pour la Bulgarie, l’Irlande, la Croatie, la Roumanie, Chypre et le Royaume-Uni, qui ne font pas partie de l’espace Schengen.

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Soulignons encore que, si la Suisse a décidé d’ouvrir grand ses frontières, la réciprocité ne s’applique pas forcément partout au sein de la zone Schengen. Les ministres européens ont convenu de lever «aussi rapidement que possible» les contrôles douaniers entre eux, mais certains pays restreignent encore l’entrée sur leur territoire. «Nous conseillons à ceux qui voudraient se rendre dans des pays non limitrophes de consulter leur ambassade au préalable», recommande Emmanuelle Jaquet von Sury, porte-parole au Secrétariat d’Etat aux migrations. Enfin, concernant les pays tiers, le Conseil fédéral a annoncé vendredi sans davantage de précisions qu’un assouplissement des mesures interviendrait «ultérieurement».

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Quatre semaines de fébrilité en vue

A Genève aéroport, André Schneider se réjouit de cette réouverture partielle. «C’est la condition de départ à la reprise, salue le directeur des lieux. Mais il y a encore pas mal de bémols. L’Angleterre impose toujours deux semaines de quarantaine, l’Espagne ne permet pas de voyages sans raison précise, nous sommes encore loin d’un retour à la normale.» Quelle affluence Cointrin attend-il? «Il semble que les Suisses souhaitent de nouveau prendre l’avion. Mais c’est encore difficile à évaluer. Les quatre prochaines semaines seront décisives. Elles nous donneront une indication de la difficulté qui nous attendra ces prochaines années. Cela pourrait prendre encore très longtemps avant que nous ne retrouvions les chiffres de 2019.»