Le sommet du G20, le 2 avril à Londres, pourrait déboucher sur deux listes: une «liste noire» de paradis fiscaux purs et durs, et une liste de pays ayant fait des «gestes significatifs» pour assouplir le secret bancaire, à qui il sera demandé de concrétiser leurs engagements, ont indiqué au Temps des sources françaises qui suivent la préparation du sommet.

«Des choses majeures se sont passées, qu’on ne peut pas ignorer», confie l’une de ces sources. Inconcevable, donc, de placer la Suisse, le Luxembourg ou l’Autriche sur une «liste noire» assortie de menaces de sanctions, alors même que ces pays ont accepté le principe de l’échange d’informations en matière d’évasion fiscale.

La Chine vole au secours de son paradis fiscal, Hong Kong. Cette place financière, qui a pris des engagements similaires, devrait aussi échapper à la mise à l’index. «Les Chinois ne veulent pas entendre parler d’une liste où il y aurait Hong Kong», indique un initié.

Pour autant, le G20 ne devrait pas renoncer totalement à agir contre les paradis fiscaux et autres Etats jugés peu coopératifs. D’où l’idée de deux listes: la première, la «liste de l’enfer», inclurait «les pays qui n’ont pas franchement bougé», essentiellement de petits territoires du Pacifique, du Golfe ou des Caraïbes. Elle serait assortie de mesures de rétorsion.

La seconde liste, la «liste du purgatoire», inclurait tous les pays qui se sont engagés à reprendre les standards de l’OCDE en matière d’échange d’informations. Elle serait assortie d’un système de vérification des progrès que feront ces pays dans la réalisation de leur promesse. C’est là que figurerait la Suisse.

Ce scénario n’est pour l’instant que provisoire, certains pays, notamment les Etats-Unis, n’ayant pas encore arrêté de position. L’administration Obama, débordée par la gestion de la crise financière, se décidera au tout dernier moment.