A la suite des interventions de l’Allemagne, d’economiesuisse et des cantons, la Commission des finances (CdF) du Conseil des Etats propose de renoncer aux économies prévues dans le contrôle des frontières. Dans son programme de stabilisation 2017-2019, le Conseil fédéral avait envisagé de fermer douze postes de douane, d’en regrouper deux autres et de réduire les horaires permettant d’accomplir les formalités douanières le samedi. Etaient notamment visés Bargen (tout au nord du canton de Schaffhouse), Buchs (à la frontière autrichienne), Romanshorn et Vevey. L’économie espérée était de 37,5 emplois à plein temps et de près de 17 millions de francs sur trois ans.

Par 8 voix contre 5, la CdF propose de renoncer à cette mesure. Sa présidente, Anita Fetz (PS/BS), ne cache pas que les pressions exercées par l’Allemagne et economiesuisse n’y sont pas étrangères. Plusieurs cantons frontaliers, dont Genève, Vaud, Neuchâtel et le Valais, sont également intervenus. Ces résistances sont avant tout motivées par la complication des opérations de dédouanement pour les entreprises importatrices et exportatrices. Economiesuisse a notamment pris la défense de l’industrie textile de Suisse orientale, qui aurait dû faire d’importants détours pour accomplir ces formalités.

Aide au développement rognée

La fermeture de postes de contrôle tomberait très mal dans la situation migratoire actuelle. La «NZZ am Sonntag» a relevé que la police allemande avait recensé 3385 entrées clandestines depuis le début de l’année en provenance de Suisse. 300 à 600 requérants d’asile entreraient chaque mois illégalement en Allemagne par le district de Constance, voisin de Schaffhouse. Le moment serait ainsi mal choisi pour un tel abandon, même si c’est avant tout le dédouanement des marchandises qui est concerné.

La CdF propose également de renoncer à réduire le subventionnement des primes d’assurance maladie. Mais elle veut compenser les montants qui ne seront pas économisés, et cela plutôt deux fois qu’une. Sa majorité envisage, à 7 voix contre 6, d’augmenter de 100 millions par an les coupes prévues dans l’aide au développement. Selon la majorité, le budget de la coopération internationale serait ainsi rogné de 242 millions en 2017, de 300 millions en 2018 et de 343 millions en 2019 par rapport aux précédents plans financiers. Mais la gauche, le PDC et les ONG, opposés à ce sacrifice supplémentaire, n’ont pas dit leur dernier mot. En l’état, le programme de stabilisation prévoit des économies de 900 millions en 2017 et 2018 et d’un milliard en 2019.