L’étude «Recover, (Re) build: Exploring Country Capacity Post-COVID» dévoile la toute première indication sur les capacités de gestion et de relance économique de 122 pays après la crise du covid-19. La Suisse se place en 4e position dans ce classement, selon le rapport d’Horizon Group, expert en commerce international et développement des affaires. Un score de 74.73 points sur 100 pour la Suisse est justifié par son PIB élevé, son marché financier stable mais également sa sécurité alimentaire et sociale qui minimise la dépendance des personnes vulnérables et augmente de ce fait sa capacité à faire face à la crise.

Sur le podium, la Finlande se trouve en première place mondiale en termes d’amortissement de la crise et de capacités de relance économique. Elle est suivie de la Norvège, de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Australie.

Classement CERI

Dans la compétition de la gestion de crise, ces 122 gouvernements ont été classés dans le CERI («Covid Economic Recovery Index») selon leurs capacités à encaisser et à relancer l’économie dans une ère post-covid. L’indice utilise un ensemble de données sur lesquelles se baser comme les indicateurs sanitaires, sociaux et économiques des pays pour ensuite les analyser. La relance économique se traduit principalement par l’adaptabilité de la main-d’œuvre, la gouvernance du pays, la sécurité alimentaire, le capital social, les économies numérisées et les systèmes financiers propres à chaque pays.

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Résistance économique suisse

La Suisse, qui échappe de justesse au podium, présente des performances économiques majeures comme son marché financier stable qui lui permet de résister de façon durable face aux retombées financières de la pandémie. Un PIB élevé permet également de se remettre plus rapidement de la crise. Le revenu élevé du pays n’explique cependant pas cette position.

Selon le CERI, d’autres chiffres expliquent cette place. La Suisse se placerait en 11e position au niveau du marché du travail mais elle est surtout le leader de la résilience économique mondiale. Ceci s’explique d’une part par des prouesses au niveau de l’économie numérique, d’autre part par le niveau national d’éducation et des compétences. Elle se place également en première position par rapport à l’agilité du marché du travail. D’autres facteurs entrent en ligne de compte comme la capacité du système de santé ou encore la préparation aux pandémies, cette dernière plaçant la Suisse en 11e position, place justifiée notamment par la gestion des hôpitaux pendant le pic. La Suisse pourra amortir plus rapidement le choc de la crise car elle dispose de ressources qui lui permettront notamment de renforcer la capacité du système de santé ou de déployer son infrastructure numérique.

Vigilance toujours de rigueur

Même si la Suisse tient une bonne position dans le classement actuel, elle reste vulnérable face à certains aspects de son économie, notamment le marché international dont elle reste dépendante mais également les secteurs économiques touchés (l’horlogerie par exemple). Si les chiffres de l’index CERI sont des indicateurs, ils ne prennent pas encore en compte les dégâts que pourrait infliger une pandémie qui s’installe à long terme. Ecartant cette hypothèse, les principaux pays partenaires commerciaux devraient prochainement pouvoir se relever de la crise et maintenir les relations solides avec la Suisse selon le groupe Horizon.

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Au niveau mondial

D’après l’étude, les nordiques trônent au sommet, avec la Finlande en première position suivie de la Norvège. Chez les voisins, l’Allemagne devance la Suisse d’une place, la reprise économique ne devrait alors pas poser de problèmes majeurs si l’on s’en tient aux chiffres. L’économie française se trouve en 18e position et finalement l’Italie n’obtient que la 40e place.

L’avenir s’annonce moins rose au-delà des frontières européennes. Si les Etats-Unis sont étonnamment en 7e position (concernant l’amortissement du choc économique et non pas sanitaire), la Chine retrouve la 32e place et en dernières positions une majorité de pays africains et latino-américains. En pied de liste, les pays les moins aptes à résister à une telle vague sont le Mozambique et le Tchad.

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