Alors que des milliers de personnes ont commencé à fuir l’Afrique du Nord pour l’Europe, la Suisse ne reste pas les bras croisés. L’Administration fédérale des douanes a accepté de mettre à disposition de l’Union européenne des gardes-frontière. Trois spécialistes sont prêts à se rendre en Italie pour aider à gérer l’afflux de ces réfugiés arrivant pour la plupart de Tunisie sur l’île de Lampedusa. Il s’agit de deux spécialistes de la détection de faux documents et d’un expert en surveillance aérienne. Ils font partie de la trentaine de gardes-frontière formés à ces missions européennes.

Vives craintes

La Suisse a accepté une requête de Frontex, l’agence européenne responsable des frontières extérieures de l’UE. En adhérant à l’espace Schengen, la Suisse a aussi accepté de participer à Frontex. Elle contribue à son budget par un versement annuel et elle est solidaire des actions spéciales policières que cette agence coordonne pour protéger les frontières de la forteresse Europe.

Les craintes européennes quant à un afflux de réfugiés à la suite des mouvements de contestation dans les pays arabes sont vives. La France et l’Allemagne ont déjà spécifié qu’elles refuseraient le séjour sur leur territoire de migrants en provenance de ces pays s’ils ne sont pas munis d’un visa valable. Ancien chef de l’Office fédéral des migrations et désormais ambassadeur extraordinaire de la Suisse chargé de la collaboration internationale en matière de migration, Edouard Gnesa juge la situation préoccupante. Si l’Europe accueille des dizaines de milliers de réfugiés tunisiens, un effet d’entraînement est à craindre concernant l’Egypte, a-t-il déclaré ce week-end.

Face à ce risque d’emballement de la vague d’immigration, la Confédération a invité les cantons à prévoir des structures d’hébergement supplémentaires. Mais les cantons sont réticents. Ils ne souhaitent pas donner un signal que la Suisse a la capacité de recevoir davantage de migrants d’Afrique du Nord. Les migrants dont on parle sont pour la plupart des réfugiés économiques et non des candidats crédibles à l’asile politique, a expliqué ce week-end la présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police, la conseillère d’Etat saint-galloise Karin Keller-Sutter.

Fonds Ben Ali en Suisse . Un mois après la chute du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, le Ministère public de la Confédération vérifie 80 millions de francs de fonds tunisiens placés en Suisse. Une trentaine de notifications de soupçons sont parvenues au bureau de communication en matière de blanchiment d’argent. (ATS)