«Oui, nous avons reçu la décision», a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’Office fédéral (ministère) de la Justice, Folco Galli. «Ce n’est pas comme si c’est un automatisme qui se déclenche. Une fois qu’on aura pris notre décision (sur une éventuelle extradition de Roman Polanski) on l’annoncera», a-t-il ajouté.

La cour d’appel du 2e district de Californie avait confirmé le 22 avril une décision rendue en première instance selon laquelle Roman Polanski, accusé de «relations sexuelles illégales» avec une mineure en 1977, devait «être présent» lors de son jugement, ouvrant la voie à son extradition. Folco Galli n’a pas été en mesure d’indiquer combien de temps serait nécessaire pour que les autorités décident du sort du réalisateur, assigné à résidence dans son chalet de la station de Gstaad depuis décembre 2009. Si la Suisse décidait de l’extrader, Roman Polanski, 76 ans, aura la possibilité de déposer un premier recours devant le Tribunal pénal fédéral dans un délai de 30 jours. En février, les autorités avaient déjà averti que la procédure pourrait prendre jusqu’à un an, compte tenu des différents recours susceptibles d’être engagés par le cinéaste ou les autorités américaines.

Le réalisateur du «Pianiste» a été arrêté le 26 septembre 2009 à son arrivée à Zurich sur mandat d’arrêt américain pour «relations sexuelles illégales» avec une jeune fille de 13 ans en 1977. Emprisonné pendant plus de deux mois, il a été libéré le 4 décembre après le paiement d’une caution de trois millions d’euros et assigné à résidence à Gstaad dans l’attente d’une éventuelle extradition. Roman Polanski, qui avait reconnu les faits après une plainte des parents de la jeune fille, s’était enfui des Etats-Unis en 1978 avant d’être jugé. Il n’y est plus jamais retourné depuis.