La Suisse a indiqué mardi qu’elle avait rejeté une demande de la Russie pour extrader un homme d’affaires russe, qui se bat déjà contre une extradition vers les Etats-Unis pour une affaire de délits d’initiés à grande échelle. L’Office fédéral de la justice (OFJ) a confirmé des informations parues dans les journaux du groupe Tamedia selon lesquelles il aurait récemment rejeté une demande russe d’extradition de Vladislav Klyushin.

Dans un mail adressé à l’AFP, une porte-parole de l’OFJ a expliqué que «les faits décrits dans la demande ne sont pas punissables selon la loi suisse», ajoutant qu’ils avaient informés les autorités russes le 12 août que «la demande avait été rejetée». Vladislav Klyushin, qui est accusé de «délit d’initié portant sur des dizaines de millions de dollars avec plusieurs complices», a été arrêté en Valais en mars.

Selon des médias d’opposition russes, il serait très proche d’un haut responsable du Kremlin, Alexeï Gromov, premier adjoint au chef de l’administration présidentielle russe. Porte-parole du Kremlin entre 2000 et 2008, il est notamment chargé des médias au sein de l’administration présidentielle.

Extradition programmée vers les Etats-Unis

Vladislav Klyushin, qui dirige plusieurs sociétés selon des médias russes, est notamment le propriétaire du groupe M13, spécialisé dans la mise au point des bases de données et les ressources informatiques. Ce groupe a développé le système «Katioucha» de monitoring des médias et des réseaux sociaux, officiellement utilisé depuis 2016 par l’administration présidentielle russe, ainsi que par plusieurs autres ministères russes.

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Le DFPJ a indiqué avoir reçu une demande d’extradition de la Russie le 7 avril. Elle avait été suivie par une demande des Etats-Unis le 19 avril, «sur la base du traité bilatéral d’extradition entre la Suisse et les États-Unis». La Suisse a accepté la demande américaine le 24 juin malgré les protestations de Vladislav Klyushin, qui a fait appel de cette décision auprès du Tribunal pénal fédéral.