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La Suisse remet un pied dans les programmes de recherche européens

Les scientifiques pourront participer aux principaux pans d’Horizon 2020. Cette association est limitée à fin 2016

La Suisse remet un pied dans la recherche européenne

Après-9 février Les scientifiques pourront participer aux principaux pans d’Horizon 2020

Cette association est limitée à fin 2016

Cet «accord technique» avait été annoncé pendant l’été, mais vendredi soir, les scientifiques suisses ont eu de quoi pousser un soupir de soulagement. La Commission européenne et les services de Johann Schneider-Ammann, dont le département chapeaute les hautes écoles et la science, ont annoncé que l’UE et la Suisse ont trouvé une entente à propos des principaux pans du programme de recherche Horizon 2020. Nuance majeure, cette participation retrouvée est limitée à fin 2016.

Après le vote du 9 février sur l’immigration, la Commission européenne a interrompu les négociations avec la Suisse concernant la participation à Horizon 2020. Le pays en était exclu. Une catastrophe aux yeux des chercheurs. La Suisse, qui a prévu 4,4 milliards de francs pour les sept années du plan, tire davantage de moyens des programmes européens qu’elle n’en injecte. Les chercheurs basés en Suisse s’illustrent notamment dans les bourses du Conseil européen de la recherche (ERC), qui peuvent soutenir un chercheur à trois moments de sa carrière, ses débuts, lorsqu’il affirme ses travaux et quand il est considéré comme établi.

Dès lundi, la Suisse rejoint Horizon 2020 à titre de pays associé pour l’une de ses composantes, dite «Spreading Excellence and Widening Participation». Ce pilier porte sur 30 milliards d’euros environ, sur les 80 milliards budgétés pour l’ensemble du programme en sept ans. Il comprend notamment les bourses ERC ainsi que les soutiens dits «Marie-Curie», un autre système d’appuis fort apprécié. En outre, les projets de recherche majeurs sont inclus dans cette partie d’Horizon 2020, ce qui sécurise à ce stade, sur le plan financier, la vaste simulation du cerveau Human Brain Project, pilotée par l’EPFL.

Pour Johann Schneider-Ammann, cette réintégration, même partielle, de la Suisse «apporte à nouveau de la clarté, et nous associe à la science européenne dans des domaines qui sont importants pour la Confédération. La continuité est ainsi assurée. Les scientifiques suisses pourront par exemple prétendre à assurer le pilotage de projets internationaux, ou postuler dans les délais pour les «ERC Advanced Grants», les bourses pour chercheurs confirmés.

La Suisse ne doit pas sa réintégration qu’au seul argument de l’excellence de ses chercheurs. Elle a monnayé sa présence au moyen de ses subventions à certains projets phares de la Commission européenne, projets qui traversent des passes difficiles: entre autres, le controversé réacteur de fusion nucléaire ITER, et le réseau de satellites Galileo, au lancement contrarié. Selon Johann Schneider-Ammann, ces apports financiers helvétiques ont joué un rôle «en partie seulement, car l’accord ne porte pour l’instant que jusqu’à fin 2016. Nous allons, aussi vite que possible, étudier les possibilités de faire en sorte que cela continue au-delà. Entre-temps, nous devons aussi évaluer comment se développe l’ensemble des relations avec l’UE».

La science est un dossier complexe, mais les relations avec l’Union dans leur globalité se révèlent autrement plus ardues… De fait, les scientifiques vont rester encore longtemps otages des marchandages politiques.

«Les chercheurs pourront prétendreà assurer le pilotage de projets internationaux»

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