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Sécurité

En Suisse, la répartition géographique du crime a changé

Pour 2015, la statistique policière offre une vision plus détaillée de la fréquence de certaines infractions. La carte des villes et des cantons les plus criminogènes s’en trouve modifiée même si Genève garde la première place pour les diverses formes de vols. Sur l'ensemble du pays, les cambriolages baissent de 19%

La statistique policière de la criminalité innove pour 2015 avec une vision affinée de la répartition géographique de l’insécurité en fonction de certains types d’infractions. Désormais, les villes de plus de 30 000 habitants sont également prises en compte et font une entrée fracassante dans le hit parade des centres urbains les moins sûrs. De quoi bouleverser le duel qui opposait Genève et Lausanne depuis quelques années. Fribourg se voit ainsi propulsée au rang de cité où il se commet le plus d’actes violents par habitant. Dans le domaine des vols, la ville de Calvin reste de loin la plus mal lotie du pays.

Lire aussi notre éditorial: Le sens perdu des chiffres de la criminalité


 Infographie: Fréquence d’infractions dans les villes de Suisse en 2015


Seuil symbolique

Première nouvelle rassurante. Pour la troisième année consécutive, la criminalité perd du terrain un peu partout en Suisse (sauf à Genève où elle stagne ou même augmente en raison notamment d’un ajustement statistique). Le nombre d’infractions dénoncées relevant du Code pénal recule de 7,3% et passe résolument sous la barre des 500 000. C’est le niveau le plus bas depuis 2009. Tous les types de vols sont en baisse, les cambriolages affichent même un recul record de 19%, alors que les actes de violence restent assez stables. Les infractions à la loi sur les stupéfiants et à la loi sur le séjour des étrangers, qui dépendent beaucoup de l’action de la police et de la politique pénale, sont par contre en augmentation d’environ 6%.


 Infographie: Une baisse continue des infractions depuis trois ans


 Zones criminogènes

En raison d’une nouvelle approche, la comparaison des phénomènes criminels connaît quelques bouleversements. Pour les infractions au Code pénal dans leur globalité, le canton de Genève garde sa première place de zone la plus dangereuse avec une fréquence très élevée de 123,2 infractions pour mille habitants, suivi de Bâle-Ville (110), Neuchâtel (88) et Vaud (76,6 en recul de 19%). Cette fréquence ne tient toutefois pas compte de la proportion des pendulaires ou des visiteurs du soir et de leur poids important sur la délinquance. Uri, Appenzell Rhodes-Intérieures ou Schwytz sont les cantons les plus épargnés.

Les lieux des violences et des vols

En tenant compte uniquement des actes de violence (voies de fait, menaces, lésions corporelles, brigandage et menaces contre les fonctionnaires), le canton de Bâle-Ville (12,9 pour mille habitants) prend la tête, suivi de Neuchâtel (8,5), Genève (8,2) et Vaud (6,8). Ces même actes de violence, rapportés aux nombre d’habitants par ville et non plus par canton, donne un palmarès inattendu: la ville de Fribourg se hisse en tête (18,2), viennent ensuite Bienne (13,2), Bâle, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel, Lausanne, Genève et Zurich.

S’agissant des infractions contre le patrimoine, le canton de Genève reprend la première place. Bâle-Ville, Neuchâtel et Vaud suivent. La fréquence de ces mêmes vols est plus élevée qu’ailleurs en ville de Genève (73,6 pour mille habitants), de Neuchâtel (63,8), de Lausanne (58,2) et de Berne (54,4). Pour la sous catégorie des vols par effraction ou introduction clandestine, c’est en ville de Neuchâtel et de Genève que le cambrioleurs sévissent le plus. Lausanne se place au troisième rang même si son taux a chuté de 42,9% en un an. Les cités les moins prisées en ce domaine sont Uster, Lugano et Schaffhouse.

Les zones de stupéfiants

La fréquence des infractions à la loi sur les stupéfiants connaît toujours son niveau maximum dans le canton de Genève (19,4). Bâle-Ville, Vaud et Berne viennent ensuite. Près de la moitié du total des 86’128 délits enregistrés dans ce domaine pour toute la Suisse concerne la consommation de drogue, dont 60,3% des produits de chanvre. Le trafic est en baisse de 5% alors que les saisies aux frontières ont augmenté de 122%. Quelque 35’608 personnes ont été prévenues en relation avec cette loi, dont une majorité de jeunes hommes. Les 15 à 17 ans sont aussi bien représentés.

Les entrées illégales

Sans surprise, c’est encore à Genève que les infractions à la loi sur les étrangers sont de très loin les plus fréquentes (21,6 pour mille habitants) et en augmentation de 11% par rapport à 2014. Schaffhouse arrive juste après (9,8 avec une hausse de 25%) et Bâle-Ville (8,9) connaît aussi une hausse de 66%. La majeure partie de ces violations se rapporte à des entrée illégales ou des séjours non autorisés (70,4%) qui sont en augmentation de 10,7% par rapport à 2014. La grande majorité des 24’753 prévenus sont des hommes âgés de 20 à 34 ans.

La nationalité des prévenus

Contrairement à une idée reçue et souvent répandue lors des votations, la nationalité des prévenus figure bien au menu de la statistique fédérale. Pour ce qui concerne les infractions au Code pénal, la part de la population résidante (60,8% de Suisses et 39,2% d’étrangers titulaires d’un permis) n’a pas varié. Parmi ces étrangers établis, une forte proportion vient du Portugal, d’Italie, d’Allemagne, du Kosovo ou encore de France.


 Infographie: Infractions au Code pénal 2015: nationalité des prévenus


Le nombre de prévenus issus du domaine de l’asile, soit 3,3% du total, est en baisse (-18,7%) pour la troisième année consécutive. Un nombre plus grand d’entre-eux vient d’Erythrée, de Somalie, de Syrie, d’Algérie ou de Géorgie. Celui des étrangers de passage baisse également (-4,9%) pour ce qui concerne le Code pénal. Ceux-ci viennent essentiellement de Roumanie et de France.

Le point noir des violences domestiques

La violence s’exerce toujours plus dans la sphère privée. Sur les 57 homicides consommés en 2015 (contre 41 en 2014), 36 se sont déroulés dans l’intimité (contre 23 en 2014). Cela représente une augmentation de 56,5%. Sur les 141 tentatives d’homicide, 52 sont aussi enregistrées dans la catégorie des violences domestiques (contre 39 en 2014). Les lésions corporelles graves, avec 84 cas, sont également en augmentation.


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