Enfance

La Suisse romande n’est pas épargnée

Des parents romands se joignent à la fronde anti-KESB

La Suisse romande n’est pas épargnée

Une fronde purement alémanique? Seuls des parents germanophones étaient présents vendredi à Küssnacht am Rigi pour le lancement de l’initiative. Mais les relais se préparent en Suisse romande. Un groupe de parents s’est formé, emmené par Stéphanie Zwahlen, enseignante spécialisée dans le canton de Vaud. Cette mère de 43 ans s’est vu retirer sa fille à la suite d’un divorce, et dénonce une «décision arbitraire». Elle lance ce week-end sur les réseaux sociaux l’équivalent romand de la campagne alémanique initiée par Daniel Merker-Senn.

Le Service de protection de la jeunesse (SPJ) n’a pas connu les mêmes mutations que le KESB alémanique. Mais il n’échappe pas aux critiques. «Le SPJ ne fait pas la différence entre des enfants à protéger et des adolescents mal dans leur peau», fustige Elisabeth Fransdonk. Cette mère établie vers Lausanne a failli perdre l’autorité parentale quand sa fille a été hospitalisée pour tentative de suicide à 14 ans. Elle a pu la récupérer à la maison deux ans et demi plus tard, «après avoir traversé l’enfer», souffle-t-elle. Comme Stéphanie Zwahlen, elle dénonce une «enquête du SPJ bâclée». «Ils n’ont pas fait de recherches approfondies.»

Les critiques n’émanent pas uniquement des parents. Des avocats, à l’instar de Brigitte Lembwadio à La Chaux-de-Fonds, émettent des réserves quant au «pouvoir donné parfois aux personnels du SPJ. Les juges ont tendance à leur faire trop confiance». «En treize ans de carrière, j’ai eu une bonne dizaine de cas choquants», précise-t-elle.

Procédure de recours

Une députée PLR, Véronique Hurni, a déposé une interpellation au Grand Conseil vaudois, en janvier 2014. L’ancienne juge au Tribunal des mineurs s’interroge également sur le pouvoir du SPJ: «Des avocats s’offusquent des décisions prises qui vont manifestement contre les intérêts des enfants et du fait que la justice de paix suivrait, semble-t-il, trop souvent, pour ne pas dire quasi systématiquement, le SPJ sans se poser trop de questions.» Le Conseil d’Etat a répondu que «les décisions de justice pouvaient être contestées via une procédure de recours».

«J’entends la souffrance de certains parents», note le chef de service du SPJ vaudois, Christophe Bornand. «Nos enquêtes ne sont pas précipitées. En cas d’urgence, nous agissons immédiatement, mais nos enquêtes durent des semaines, voire des mois. 90% de nos interventions n’aboutissent d’ailleurs pas à un placement hors du foyer familial.» Le chef de service conteste également détenir trop de pouvoir: «C’est la justice de paix qui décide des mesures au final. Nous lui soumettons un rapport et celui-ci est débattu en audience avec les parties.»

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