Confronté aux récriminations des politiciens des cantons périphériques, Christophe Keckeis accueille ces critiques avec une certaine ironie. «J'agis en professionnel chargé d'accomplir une mission, celle de concrétiser des décisions politiques prises en amont, commente le chef de l'armée. Qu'aujourd'hui les mêmes qui ont pris ces décisions attaquent le plan d'application est normal, mais cela n'a rien à voir avec moi.» Quant à l'idée, émise par certains parlementaires, que la Suisse romande est prétéritée, le Neuchâtelois la réfute: «Le prétendre n'est pas raisonnable.»

Les principales nouveautés touchant les cantons romands, qui n'avaient pas été annoncées le 3 septembre dernier, concernent le site de Grolley (FR), qui devient un centre logistique et d'infrastructure, et le site de Saint-Maurice (VS), qui gagne aussi le titre de centre d'infrastructure. Rappelons que la fermeture du parc automobile de Bulle avait été annoncée il y a trois mois. Les cinq cantons romands enregistrent, par ailleurs, des ajustements de capacité, surtout à la baisse.

Mais l'opacité de la communication du Département de la défense (DDPS) entretient le flou sur le coût social réel de l'opération. Christophe Keckeis reconnaît qu'il est amené à effectuer un «tour de magie» pour supprimer des postes civils afin d'engager une partie des 900 militaires de carrière qui manquent, idéalement, à l'instruction. Lorsqu'on lui demande combien de postes civils seront supprimés en plus des 2500 déjà annoncés (d'ici à 2010), le chef de l'armée reste évasif et explique que «les conditions du marché» dicteront ce chiffre, qui «n'existe pas» encore. Un document interne du DDPS, daté du 26 novembre, évoque pourtant la suppression de 700 à 800 emplois supplémentaires, soit 3200 des emplois civils au DDPS.