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La Suisse se dit prête à accueillir des quotas de migrants en coopération avec l’UE

La Suisse est prête à collaborer avec l’UE pour éviter les drames en Méditerranée. En matière d’asile, elle se situe en tête des pays européens

Même si la Suisse estime avoir jusqu’ici fait plus que sa part dans l’accueil des demandeurs d’asile, elle est «prête à participer aux efforts de l’UE pour une solution solidaire dans l’accueil des réfugiés», selon la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga. Le cloisonnement national n’est pas une solution.

La Suisse salue donc les discussions au sein de l’UE pour accueillir les migrants et éviter les drames en Méditerranée. «Il faut désormais passer de la parole aux actes. Certains pays ne participent pratiquement pas aux efforts», selon Simonetta Sommaruga. La conseillère fédérale plaide depuis longtemps pour une répartition solidaire des réfugiés, notamment afin de décharger l’Italie.

Elle estime donc que le projet d’accueillir 20 000 réfugiés provenant de camps situés hors de l’UE, comme le demande l’ONU, est un premier pas dans le bon sens. Mais cela ne suffira pas. Au passage, la présidente rappelle que la Suisse s’est déjà engagée à accueillir 3000 réfugiés syriens au cours de ces trois prochaines années. L’an dernier, elle avait déjà admis un premier contingent de 500 personnes. Dans ce cadre strict de la prise en charge de personnes réfugiées dans des camps, la Suisse ferait ainsi plus que sa part. Pour un pays comme l’Autriche, on estime en effet à Bruxelles que le contingent serait de 444 personnes.

L’incertitude concerne la répartition à travers l’Europe des réfugiés qui traversent la Méditerranée. La Commission devrait soumettre aux Etats membres de l’UE une clé de répartition comprenant aussi bien l’effort d’accueil déjà fourni par les différents pays que des critères économiques tels que e chômage ou le PIB. «Nous ne connaissons pas les critères qui seront retenus. Il faudra aussi voir si les Etats membres, où il y a beaucoup de résistance, accepteront le principe, répond Simonetta Sommaruga. Impossible donc de dire quelles seraient les conséquences pour la Suisse».

Selon les statistiques de l’agence européenne Eurostat, avec quelque 23 770 personnes accueillies l’an dernier, la Suisse se trouve au neuvième rang en chiffres absolus, derrière l’Allemagne (202 815), la Suède (81 000), l’Italie et la France (64 000). Mais en pourcentage de la population, la Suisse (2890 réfugiés pour un millions d’habitants) est cinquième, derrière la Suède (8365 personnes), mais devant la Belgique (2000) ou la France (972) voire le Royaume Uni (494).

Il reste que si, politiquement, la Suisse se dit prête à participer aux efforts européens, le cadre juridique devra encore être examiné. La proposition de la Commission s’adresse en effet aux pays de l’UE, dont la Suisse n’est pas membre, mais pourrait avoir des conséquences dans le cadre de l’accord Schengen/Dublin sur le contrôle aux frontières et l’asile auquel la Confédération est associée. De plus, elle pourrait aussi être appelée à renforcer sa participation au contrôle des frontières dans le cadre de Frontex, opération dans laquelle la Suisse déploie une quarantaine de spécialistes et garde-frontières avec un budget annuel de 3,5 millions de francs.

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