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Johann Schneider-Ammann signe un accord de partenariat stratégique pour l'innovation avec son homologue chinois Xi Jiping. 
© © POOL New / Reuters

Visite d’Etat

La Suisse s’engage dans un partenariat stratégique avec la Chine

Johann Schneider-Ammann signe un accord à Pékin pour favoriser l’innovation. Il invite Xi Jinping en Suisse et rencontre des représentants des travailleurs

A l’entrée du Palais du peuple chinois, la fanfare militaire a interprété l’hymne nationale suisse sans fausse note. Et c’est sous un ciel sans nuage que Xi Jinping a accueilli Johann Schneider-Ammann pour une visite d’État vendredi à Pékin. Après avoir salué les trois corps d’armée, au son des coups de canons postés sur la place Tian’anmen bouclée pour l’occasion, puis défilé devant des écoliers manifestant leur joie alignés au cordeau, les deux présidents se sont entretenus durant une petite heure – «plus longtemps que prévu», soulignera plus tard un officiel chinois – dans un climat de cordiale entente.

Les deux pays ont signé un Partenariat stratégique pour l’innovation, ainsi que divers accords dans le domaine de la recherche et la protection de l’environnement. De quoi parle-t-on? «Ce partenariat un nouveau concept qui reste à définir, a expliqué lors d’une conférence de presse le président de la Confédération. Il faut établir les règles du jeu, mais nous voulons créer une nouvelle dynamique, une nouvelle dimension dans notre relation.» L’innovation a été au coeur de tous les entretiens de Johann Schneider-Ammann durant ses rencontres avec les plus hautes autorités du pays. La Chine, qui doit impérativement réformer son modèle économique en panne, veut s’embarquer dans la quatrième révolution industrielle, celle d’un monde interconnecté. La Suisse, pays parmi les plus innovants au monde, paraît à ses yeux comme un partenaire idéal pour progresser dans cette voie.

Liberté académique

Le récent rachat de Syngenta par le groupe chinois ChemChina s’inscrit clairement dans cette stratégie d’acquisition de technologies. Cet investissement opéré par une entreprise d’État a été évoqué lors des discussions, Johann Schneider-Ammann faisant part des interrogations en Suisse sur les intentions chinoises quand bien même il pense que c’était la meilleure solution pour le groupe bâlois. «Inutile de s’inquiéter, il faudra juger avec le temps, explique le vice-directeur du département européen au Ministère chinois des affaires étrangères, Wang Shunqing. J’ai entendu qu’il y a des doutes sur les rachats par des groupes chinois à l’étranger. Mais il ne s’agit pas que d’acquérir un savoir-faire, mais d’une vraie coopération.» Christoph Mäder, membre du directoire de Syngenta et chef de la délégation économique qui accompagne le président de la Confédération, pense que la Chine a reconnu la valeur de son entreprise qui sera un acteur clé pour nourrir la planète. «La Chine a fait des progrès fantastiques en matière de protection de la propriété intellectuelle», ajoute-t-il.

Lors d’un forum économique organisé par la chambre de commerce Suisse-Chine, Johann Schneider-Ammann a souligné que, pour créer un climat d’innovation, «il faut une liberté académique et une information qui ne soit pas censurée». Alors que la Chine a interdit de son territoire virtuel la plupart des géants étrangers de l’internet, qu’elle bloque de nombreux sites de la presse étrangères et purge toute critique des forums de discussion locaux, la remarque apparaît comme une timide critique de la part d’un visiteur qui tient avant tout à respecter ses hôtes.

Xi Jinping en Suisse?

En marge de ce forum, le président suisse a par ailleurs brièvement rencontré trois représentants chinois des travailleurs pour entendre leurs critiques envers un système qui interdit tout syndicat indépendant. «Je les ai écoutés, explique Johann Schneider-Ammann. Puis je leur ai dit que, comme ancien chef d’entreprise, j’étais très soucieux du partenariat social et de la recherche de compromis.» L’attachement de la Suisse à l’Etat de droit et aux respects des droits de l’homme a été évoqué lors de la rencontre avec Xi Jinping.

Le président chinois a de son côté accepté une invitation à visiter la Suisse, mais aucune date n’a été fixée. «Cela viendra tôt ou tard, précise Johann Schneider-Ammann. Nous devons d’abord atteindre un certain stade dans notre partenariat. Il faut définir des buts par écrit. Ensuite on pourra dire quand on est satisfait.»

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