«Il ne faut reculer devant aucun effort pour poursuivre sur la voie du dialogue et de la coopération, comme l’ont fait avec un grand courage la Turquie et l’Arménie ces dernières années», a déclaré la présidente en accueillant son homologue turc Abdullah Gül, arrivé jeudi pour une visite d’Etat dans la Confédération.

«La Suisse se réjouit d’avoir pu contribuer à la paix et à la stabilité dans le cadre du processus de rapprochement entre la Turquie et l’Arménie», a-t-elle ajouté, citée dans un communiqué.

L’Arménie et la Turquie ont conclu en octobre 2009 un accord historique, sous la médiation de la Suisse et des Etats-Unis, pour établir des relations diplomatiques et rouvrir leur frontière commune, après des décennies d’hostilité ayant pour origine les massacres d’Arméniens en 1915 à la fin de l’empire ottoman, qu’Erevan qualifie de génocide.

Mais la ratification de cet accord n’a pas encore eu lieu, la Turquie la liant à la résolution du conflit du Nagorny Karabakh (région de l’Azerbaïdjan peuplée majoritairement d’Arméniens) entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Ankara a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993, en solidarité avec son voisin et allié azerbaïdjanais, après la prise de contrôle par l’Arménie du Nagorny-Karabakh.

L’Arménie a déclaré en avril surseoir elle aussi à la ratification de l’accord, dans l’attente d’une évolution de la position d’Ankara.

Malgré tous ces obstacles, «puisse le processus de normalisation se poursuivre entre les deux Etats», a souligné Mme Leuthard.