«L’Algérie est un acteur clé de la sécurité en Europe»

Terrorisme Claude Hêche en voyage officiel

Incontournable au Mali, en Libye et en Tunisie pour son rôle dans la lutte contre le terrorisme et ses efforts de pacification, l’Algérie mérite d’être soutenue plus ouvertement par la Suisse, estime le président du Conseil des Etats, Claude Hêche, de retour d’un voyage officiel de quatre jours. Il plaide pour que la Suisse ­participe pleinement à la prochaine conférence internationale mise sur pied par Alger pour traquer le financement du terrorisme.

Avec sa connaissance approfondie de toutes les communautés et ethnies de la région, l’Algérie se révèle toujours plus un acteur déterminant de la sécurité en Europe, estime le conseiller aux Etats qui a eu des contacts intensifs non seulement avec son homologue Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, mais aussi avec le premier ministre Abdelmalek Sellal, et les ministres de la Formation professionnelle et des Affaires maghrébines et africaines.

Aider les apprentis

«La Suisse a tendance à sous-estimer le rôle de l’Algérie pour la stabilité non seulement de la région ­méditerranéenne, mais aussi de l’Europe, en particulier francophone. Car l’Algérie, elle-même confrontée à des années de plomb et de sang dans la guerre intérieure menée contre les groupes terroristes, joue un rôle clé dans la stabilité», relève le président du Conseil des Etats, qui a plaidé pour une intensification des relations bilatérales. Non seulement en matière de renseignement, mais aussi en matière économique. Notamment par une reprise des négociations en vue d’un accord de libre-échange entre les pays de l’AELE et l’Algérie.

«Dans un pays qui reste très marqué par son passé colonial français et où seule la voie universitaire est considérée comme prometteuse, le ministre de la Formation, Nouredine Bedoui, a été très intéressé par le modèle de formation professionnelle suisse. Mais cela exige du pays un véritable changement culturel», estime l’élu jurassien. Alors que l’émigration vers l’Europe tente toujours plus de jeunes Algériens, il est important que la Suisse participe, avec son expérience, aux efforts de stabi­lisation de ce pays. L’Algérie a d’ailleurs exprimé le souhait de collaborer avec la Suisse dans ce domaine.

Claude Hêche, qui a visité l’association Ciara, qui offre à des jeunes sortis du système scolaire la possibilité d’acquérir un apprentissage de base dans les métiers de la mécanique ou de l’électricité, pense qu’un rapprochement entre des centres professionnels en Algérie et des HES en Suisse romande pourrait être profitable à la fois aux jeunes Algériens, à qui des stages pourraient être offerts, mais aussi à des étudiants suisses intéressés par les perspectives qu’offre un pays jeune.

En matière d’asile, l’Algérie reste une priorité pour la Suisse, vu le nombre de personnes en situation irrégulière. Si l’accord de réadmission signé en 2007 fonctionne mieux que par le passé, notamment en matière d’identification, des difficultés pratiques existent toujours pour l’organisation des retours, note le Secrétariat d’Etat aux migrations.