Kathleen Maksymek, 35ans, consultante dans une grande agence de communication à Genève

«Cela fait onze ans que j'ai quitté les Etats-Unis. En vivant en Suisse, je réalise à quel point les médias américains sont focalisés sur les questions purement américaines et se désintéressent du reste du monde. Je réalise aussi à quel point de nombreux Américains ne connaissent pas les autres pays et leurs richesses culturelles. Je suis aussi étonnée de constater qu'aux USA, on tend à attacher plus d'importance aux choses matérielles.

Il est certain que si George Bush est réélu, la situation du pays va se détériorer. Aujourd'hui, au niveau de l'économie, de la santé publique, le président n'a pas obtenu des résultats probants. Un nombre croissant de personnes, notamment de la classe moyenne, ont toujours plus de peine à joindre les deux bouts. C'est le cas d'un membre de ma famille dans le Minnesota. C'est pourquoi j'espère que l'on va changer de président, que les Etats-Unis vont coopérer à nouveau avec la communauté internationale. Mais je souhaite aussi que les autres pays assument davantage leur responsabilité et qu'ils n'attendent pas que les Etats-Unis prennent à chaque fois les choses en main.

Ces dernières années, les Etats-Unis ont vu leur image se dégrader. Et nous, Américains, en subissons les effets, en particulier en Europe. Dans une conversation, il est difficile de dire qu'on l'est sans qu'on nous pose la question de savoir ce qu'on pense de Bush. C'est désagréable, car on ne souhaite pas nécessairement parler que de politique. Il y a d'autres thèmes tout aussi intéressants. Est-ce qu'à chaque fois qu'on rencontre un Suisse ou un Britannique on lui demande ce qu'il pense de Joseph Deiss ou de Tony Blair? Je n'en suis pas sûre.»