Depuis samedi dernier, les produits en plastique à usage unique sont bannis dans l’Union européenne. Sont concernés par cette directive votée en septembre 2020 les pailles, les couverts, les gobelets, ou encore les cotons-tiges. La Suisse n’en est pas encore là. Même si le Conseil fédéral s’est prononcé contre une interdiction nationale, des initiatives émergent çà et là.

Désengorger

La ville de Genève a par exemple interdit au début de l’année 2020 les produits en plastique à usage unique pour les activités se déroulant sur son domaine public et soumises à autorisation. Bâle-Ville impose depuis le 1er septembre 2019 que de la vaisselle réutilisable soit utilisée pour la vente de boissons et de nourriture dans l’espace public.

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Des détaillants comme Migros ont volontairement retiré de leur assortiment, ou remplacé, certains produits en plastique. En 2016, un accord de branche visant à réduire la consommation de sacs plastiques à l’échelle nationale a de plus été adopté par la communauté d’intérêt du commerce de détail suisse qui représente les entreprises Coop, Migros, Manor et Denner, ainsi que par Swiss retail, une association qui rassemble une cinquantaine de marques dont Ikea, Aldi, Landi, Conforama ou Decathlon.

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Selon une étude de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), quelque 14 000 tonnes de plastique finissent dans les sols et les eaux en Suisse. Parmi les principaux responsables figurent l’usure des pneus et les résidus du commerce et de l’industrie. Chaque année, environ un million de tonnes de plastique est transformé en produits jetables ou en biens plus durables comme des cadres de fenêtre ou des éléments de carrosserie pour voiture. Mais parmi celles-ci 780 000 tonnes finissent à la poubelle.

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Selon l’OFEV, une grande partie de ces déchets pourraient être évités grâce au tri sélectif, au nettoyage des espaces publics, à un système d’évacuation des eaux de chaussées et à un meilleur traitement des eaux.

Une grande consommation

Mais la prise de conscience doit aussi se faire au niveau du consommateur. Or là aussi, les Suisses et Suissesses ne sont pas exemplaires. Selon OceanCare, une personne domiciliée en Suisse produit en moyenne trois fois plus de déchets plastiques par an qu’une personne vivant dans l’Union européenne. De plus, une grande partie des ordures sont brûlées dans notre pays. Pour 1000 kilos, il en résulte environ 170 kilos de déchets hautement toxiques qui doivent être stockés.

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Comme les plastiques ne peuvent pas tous être éliminés dans des usines de compostage, ils se retrouvent dans l’environnement. Ils s’y décomposent en microplastiques. Selon l’OFEV, on trouve des plastiques dans tous les lacs ou rivières et dans presque tous les sols helvétiques. Humains et autres espèces animales absorbent alors des plastiques via leur alimentation ou tout simplement en respirant.