Un premier cas de grippe porcine a été confirmé en Suisse, à Baden (AG), a indiqué Thomas Zeltner, le directeur de l’Office fédéral de la Santé publique (OFSP). Actuellement, 29 personnes, toutes de retour du Mexique, sont susceptibles d’être porteuses du virus de la grippe porcine.

Le patient porteur du virus A/H1N1 est un jeune homme revenu fiévreux, samedi, d’un voyage au Mexique. Hospitalisé et soumis à un traitement au Tamiflu lundi, il a pu retourner chez lui mercredi dans la journée suite à un premier test négatif fourni par le Centre national Influenza de Genève, avant d’être à nouveau hospitalisé après un deuxième test, diffférent du premier, et positif cette fois-ci. Thomas Zeltner a qualifié cette confusion de «malheureuse. Nous devons désormais améliorer les processus dans tous les hôpitaux.» A l’heure actuelle, a précisé le haut-fonctionnaire, le jeune homme se porte bien. Son entourage a reçu du Tamiflu préventivement.

Depuis mercredi soir, la Suisse dispose d’un test de détection élaboré par le laboratoire central de virologie des Hôpitaux universitaire genevois (HUG). Amélioré, il sera validé d’ici deux ou trois jours, a prévenu l’OFSP. «Nous sommes parmi les pays les plus avancés à ce niveau», a encore ajouté Thomas Zeltner.

Ce dernier a rappelé lors du point de presse quotidien de l’OFSP sur la grippe porcine que l’OMS a décidé mercredi de passer du niveau d’alerte 4 au niveau 5 (sur 6). Le Conseil fédéral n’a plus besoin, désormais, de confirmer le changement de phase. Ce dernier s’enclenche automatiquement, s’il est décrété par l’OMS. «Nous voulons absolument éviter que cette grippe s’étende, a martelé Thomas Zeltner. Cela étant, elle reste pour l’instant, en Suisse, moins agressive qu’une grippe saisonnière.»

Par ailleurs, la cellule spéciale chargée de coordonner la lutte contre une éventuelle épidémie, activée mercredi par le Conseil fédéral, s’est réunie pour la première fois jeudi matin. Elle est formée de représentants de tous les Départements fédéraux - excepté celui des Finances - et de deux représentants des cantons. A noter que dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures décidées, l’OFSP tient essentiellement un rôle de coordination et de conseil, a souligné Thomas Zeltner. Les cantons sont les véritables responsables du déroulement des opérations. La future nouvelle loi fédérale sur les épidémie (LEp), actuellement en révision totale, précisera la répartition des tâches entre la Confédération, les cantons et des tiers. Elle remplacera la loi actuelle qui porte encore la marque de la lutte contre les épidémies telle qu’elle était conçue au 19e siècle.