Coopération 

«La Suisse a un rôle à jouer dans la transmission de savoir en matière de recyclage» 

Le modèle suisse du tri à la source en matière de recyclage est-il exportable? C'est ce que pensent deux conseillers nationaux, Isabelle Chevalley (Vert'libéraux) et Laurent Wehrli (PLR), actifs dans des organismes de coopération internationale

Le succès de la recette du recyclage à la sauce helvète est expliqué par Marc Ehrlich, président du centre de tri Retripa, par une optimisation des coûts. «Le modèle suisse est intéressant car chaque individu contribue à faire baisser les dépenses de sa commune en favorisant le tri à la source. Chez nous, la main d’oeuvre est chère, c’est pour cela que les coûts gagnent tant à être réduits», relève-t-il.

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Un projet au Liban

Le conseiller national PLR Laurent Wehrli a profité de son mandat de président de l’Association suisse pour le Conseil des Communes et Régions d’Europe (ASCCRE) pour monter un projet d’information sur le recyclage dans la plaine de la Bekaa au Liban. «Avec l’ambassade suisse au Liban et la DDC (Direction du développement et de la coopération), nous avons tenté d’aider le pays à faire face aux problématiques en matière de gestion des déchets, liées à l’afflux de réfugiés. Les organismes internationaux sont actifs dans la dispense de soins et de nourriture. Mais la gestion des détritus est laissée aux communes. La Suisse détient le savoir et la possibilité de venir en aide». Concrètement, une formation au recyclage est enseignée dans les écoles et un travail est entrepris avec les usines d’incinération. Le financement provient des communes volontaires.

Nettoyer l’Afrique

La conseillère nationale Vert’libérale Isabelle Chevalley est allée porter son savoir plus au Sud. Aidée de différentes organisations, la présidente de l’Intergroupe parlementaire Suisse-Afrique a réalisé le premier centre de recyclage des déchets des îles Comores «dont les plages sont envahies de déchets plastiques», puis s’est lancée dans le même projet au Burkina Faso. «Pour limiter la migration en Europe, nous devons créer des emplois et développer l’économie sur place en Afrique. Si nous voulons nettoyer ce magnifique continent, il faut le faire dans un cadre économique. Un excellent exemple se trouve au Burkina Faso où des femmes collectent entre quatorze et seize tonnes de sachets plastiques par années dans la nature pour en faire des sacs à main. Cette activité permet de fournir une centaine d’emplois tout en nettoyant l’environnement», se réjouit-elle. «La communauté internationale doit se réveiller. Nous sommes tous responsables de ce qui arrive ici-bas».

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