Christian Dupessey, maire d’Annemasse (Haute-Savoie), a annoncé vendredi que le financement du futur tronçon ferroviaire CEVA côté France (2,5 km entre la gare des Eaux-Vives à Genève et celle d’Annemasse) était enfin assuré. Cette annonce n’est pas la première, mais, promet l’édile, «cette fois-ci, c’est la bonne».

Le coût total s’élève à 234 millions d’euros. Le département de la Haute-Savoie va débourser 65 millions (sur les fonds frontaliers), la Région Rhône-Alpes 55 millions, l’Etat français en fournira 45, le Réseau ferré de France 35, les collectivités locales 18,75 et l’Union européenne 1 million. La Suisse devra également participer dans le cadre d’une convention bilatérale avec la France. Cette convention doit encore être soumise au Conseil fédéral, puis au parlement. Elle précise que la gestion du trafic et de la circulation entre Annemasse et Genève sera confiée aux CFF et que Berne finance à hauteur de 15,7 millions d’euros (19,6 millions de francs) des travaux en gare d’Annemasse.

Nouvelle voie nécessaire

Les deux pays n’utilisant pas le même type de courant, l’accès des trains suisses grandes lignes, monocourant, en provenance de Lausanne est impossible avec le matériel bicourant français. Une nouvelle voie à quai, alimentée en courant de traction suisse, sera donc aménagée en gare d’Annemasse, aux frais de la Suisse. «La modernisation de la ligne Annemasse-Genève-Eaux-Vives est un élément indispensable de la future liaison Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse. Cette liaison mettra fin au cul-de-sac ferroviaire auquel les CFF et la SNCF sont confrontés. Elle permettra de créer un véritable réseau régional à l’échelle de l’agglomération franco-valdo-genevoise», indique-t-on à l’Office fédéral des transports.

Les chantiers sur sol suisse (1,567 milliard de francs) sont financés à 55% par la Confédération et à 45% par le canton de Genève. Reste à trouver de l’argent pour s’acquitter du matériel roulant. «Une discussion est en cours entre la Région Rhône-Alpes et les CFF. La partie française versera 150 millions d’euros», annonce Christian Dupessey. La Suisse tait encore la hauteur de sa participation.