Un islamiste égyptien installé à Genève doit quitter la Suisse. Le Conseil fédéral a décidé de l'expulser, a précisé Guido Balmer, porte-parole de l'Office fédéral de la police (fedpol), confirmant une information de la SonntagsZeitung. L'homme a diffamé la Suisse et formulé des menaces indirectes sur Internet.

La décision d'expulsion est basée sur l'article 185 de la Constitution fédérale relatif à la sécurité extérieure et intérieure de la Suisse. L'ancien colonel de police égyptien concerné est un réfugié politique qui vit en Suisse depuis cinq ans. L'an dernier, il a passé plus de quatre mois en détention préventive pour avoir agressé un Sénégalais au couteau à Genève et y a proféré des menaces.

Le dernier rapport sur la sécurité intérieure mentionne ce cas. L'ancien officier de police égyptien a prétendu avoir été placé en détention parce qu'il avait refusé de coopérer avec les services de renseignement et d'espionner ses concitoyens en Suisse. Selon ses dires, on a voulu le faire agir comme agent infiltré au sein d'Al-Qaida en échange d'argent et de femmes. Il a également affirmé avoir été soumis à des violences psychologiques et physiques. Après les attentats de Londres du 7 juillet 2005, l'Egyptien a adressé des menaces indirectes à la Suisse en disant que Genève serait la prochaine cible d'un attentat d'Al-Qaida. L'un de ses articles publiés sur Internet portait le titre «La Suisse, l'ennemi le plus abject de l'islam». Il a également adressé ses récriminations à différents conseillers fédéraux, à une conseillère d'Etat genevoise, à des services de l'administration et à des organisations internationales. La Suisse doit maintenant trouver un pays susceptible de l'accueillir.