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Une des affiches payées pour l'AfD.
© © Stefanie Loos / Reuters

Lu ailleurs

La Suisse-connexion du parti d'extrême-droite allemand AfD

Le Spiegel a réuni plusieurs indices d'une aide, d'une participation de l'agence de communication de l'UDC à la campagne électorale de l'AfD en Allemagne

C'est une longue enquête du Spiegel écrite à quatre mains sur l'extrême-droite allemande qui touche aussi à l'UDC. On y trouve beaucoup d'argent, des financiers secrets, des idées politiques très à droite et un bateau de croisière qu'on peut privatiser sur la Spree, à Berlin.

L'article du Spiegel: Die Swiss-Connection der AfD

L'«Association pour la préservation de l'état de droit et les libertés civiles» est un club, situé à droite de l'Alternative für Deutschland (AfD), qui a suscité la curiosité des journalistes et des politiques cette année car il a notamment payé un million de tout-ménages gratuits (Extrablatt) distribués dans les Länder qui depuis mars ont entamé le renouvellement de leur parlement régional - le Baden-Würtemberg, le Rhénanie-Palatinat, le Mecklenbourg-Poméranie et maintenant Berlin (où l'on vote ce dimanche). Avec toujours le même message explicite: «L'Allemagne ne sera pas détruite. Votez AfD». L'AfD qui serait «nouvelle», «courageuse».  Or l'AfD - qui a le vent en poupe - s'est distanciée de cette campagne, affirmant qu'elle n'avait pas de lien avec l'association, qu'elle n'était pour rien dans cette publicité et qu'elle non plus ne savait pas qui étaient les généreux donateurs. Comprenez: on n'y peut rien si on nous donne de l'argent... Qui finance donc une telle campagne?


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Trois hommes sur un bateau

Une partie de la réponse réside peut-être dans une croisière du Spree-Comtess qui a eu lieu la semaine dernière à Berlin, raconte le Spiegel dans son édition du 10 septembre, une croisière justement organisée par la mystérieuse «Association pour la préservation de l'état de droit et les libertés civiles» avec en guest star Vaclav Klaus, l'ancien président slovaque. Et une autre personnalité qui retient l'attention: Alexander Segert, le publicitaire allemand de 53 ans qui a élu domicile dans le canton de Zurich en 1985, où il a repris l'agence de publicité et de relations publiques Goal, celle-là même qui s'occupe de la publicité pour l'UDC - les moutons noirs, c'est lui.

Sur le bateau mercredi dernier, il se tenait à l'entrée au contrôle des invités, gérait l'équipe de tournage vidéo et veillait à la bonne organisation générale, explique le Spiegel. C'est lui que le magazine soupçonne d'être mêlé au financement des brochures. Se pourrait-il que les riches donateurs de l'AfD passent par une filière suisse pour cacher qui ils sont?

Il existe aujourd'hui un site Internet Droit et liberté (RechtundFreiheit.de) au nom de Michael Paulwitz, un ancien membre du parti d'extrême droite les Republikaner. Or ce Monsieur Paulwitz faisait lui aussi partie de la croisière sur la Spree, raconte le Spiegel, il a été nommément accueilli par Vaclav Claus et a ensuite disparu sur le bateau avec... Alexander Segert. Les deux devaient des choses à discuter écrit le magazine, car la société de Segert est mêlée au cercle de donateurs de l'AfD: «Selon nos informateurs, c'est Goal AG qui a loué plusieurs centaines de panneaux publicitaires pour des affiches grand format appelant à voter AfD, pour un montant de bien plus de 200 000 euros». Consulté ce samedi 17 septembre, le site RechtundFreiheit publie sur sa page d'accueil d'ailleurs le fameux Extrablatt. Quel rôle exact Segert joue-t-il?

Inspiration suisse

Le Spiegel a accumulé les indices. En Suisse, Goal AG a conçu le «Extrablatt» de l'UDC - tiens, le même nom. Tiens, la même ligne aussi: le magazine note que les thèmes se ressemblent beaucoup, entre la criminalité des étrangers, les abus de la politique d'asile, et la population menacée - par la politique pro-réfugiés d'Angela Merkel, précise la brochure allemande. 

Le Spiegel rappelle aussi que Segert est déjà intervenu en Europe. En Autriche, il a été poursuivi pour avoir fourni un jeu vidéo particulièrement agressif au cours duquel il fallait tirer sur des minarets et des muezzins avec sa souris. A la fin du jeu apparaissait ce message: «la Styrie est pleine de minarets et de mosquées, le 26 votez pour le FPÖ» - il a été finalement relaxé.

L'AfD allemande suivrait-elle ces traces et ferait-elle appel aux services de l'agence suisse? La croisière a-t-elle servi à faire se rencontrer le publicitaire et ses clients? Y a-t-il du financement illégal de campagne? A Berlin le candidat tête de liste George Pazderski dément avoir tout contact avec l'agence de Stegert mais explique travailler effectivement avec une «agence suisse» mais... «une autre» dont il taira le nom...

Dénégations

Le Spiegel a aussi contacté directement le publicitaire qui a répondu par écrit uniquement, par petite phrases, faisant savoir que sa société ne donnait pas d'information sur ses clients et ses mandats passé, présents ou potentiels. Il n'a pas voulu répondre non plus sur sa participation aux tout-ménages. Il explique qu'il était sur le bateau à titre privé, et qu'il fait ce qu'il veut de son temps libre. Et quand le magazine lui demande pourquoi c'est une collaboratrice de Goal qui a loué le Spree-Comtess, il ne répond pas.

Au fait, l'AfD a remporté une victoire éclatante contre la CDU en Mecklenbourg-Poméranie

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