Quel avenir pour les relations bilatérales Suisse-UE? Le nouvel ambassadeur de l’Union européenne en Suisse, le Britannique Richard Jones, discret jusqu’ici, sort de sa réserve. Il se montre certes convaincu qu’une solution pourra être trouvée, mais il se montre très réticent à l’égard des propositions formulées par le Conseil fédéral. Les idées avancées par le gouvernement pour surmonter les blocages institutionnels qui crispent les relations des deux parties s’inspirent de modèles «qui ne sont pas appropriés», explique Richard Jones dans une interview donnée à la «SonntagsZeitung».

«Plusieurs des idées avancées par le gouvernement suisse semblent s’orienter vers des mécanismes déjà mis en place dans des accords en vigueur avec la Suisse, note le diplomate qui a succédé ce printemps au médiatique Michael Reiterer. Ce ne sont toutefois pas des accords qui concernent le marché intérieur de l’UE. C’est la raison pour laquelle, du point de vue européen, ces mécanismes ne sont pas des modèles appropriés.» Pour le nouveau représentant de l’UE, le traité sur l’Espace économique européen, avec ses piliers séparés et sa cour de justice de l’AELE, fonctionne bien et de manière efficace. Mais il a été rejeté par le peuple et les cantons il y aura exactement 20 ans le 6 décembre prochain…

L’Europe encore, avec l’hypothétique sortie de la Grèce de la zone euro et ses répercussions pour la Suisse. «Nous nous y préparons», lance le patron de Kuoni, Peter Rothwell, dans la même édition. Il avertit: «A la fin, nous ne pourrons pas en rester à des contrats en euros si une monnaie bien meilleure marché est mise en circulation dans le pays.» La sortie de la Grèce de l’euro est un scénario que la «NZZ am Sonntag» tient pour inévitable à brève échéance: «La Grèce n’a plus aucune chance au sein de l’euro», titre l’hebdomadaire, qui estime que même un défaut de l’Etat grec n’offrait pas de vraie solution. Les coûts seront énormes, pour la Suisse aussi. Car il deviendra toujours plus difficile de défendre l’euro à 1,20 franc.

Sur un autre front, celui des Etats-Unis, Pictet et la Banque Migros prennent leurs précautions. La banque privée genevoise a donné l’ordre à ses gérants de vérifier le statut fiscal de leurs clients américains, révèle «Le Matin dimanche». Quant à l’établissement orange, il impose à ses clients imposables aux Etats-Unis la détention d’une action américaine, ce qui a pour effet d’entraîner automatiquement la communication de la relation au fisc américain.

Feu sur le Gripen! Le malheureux zinc militaire construit par les Suédois n’en finit pas de susciter les critiques des pilotes. «Le Matin dimanche» et la «SonntagsZeitung» rapportent l’ire du chef des forces aériennes Markus Gygax à l’issue d’un exercice raté d’interception en 2008: exclu d’acheter une telle casserole volante. Promis, la Suisse ne fera pas l’acquisition de ce modèle-là, mais d’une version améliorée, a assuré le ministre de la Défense Ueli Maurer. Problème: selon un document interne livré par un «whistleblower», ce ne sont pas moins de 98 améliorations qui devraient être apportées. Or 7 seulement ont pu être effectuées sur le prototype testé la semaine dernière.

La Suisse a réclamé l’extradition du néo-nazi suisse arrêté à Hambourg la semaine dernière pour avoir tiré sur un Argovien à Zurich. Mais la procédure pourrait prendre du temps: l’intéressé n’a pas accepté d’être livré sans formalités aux autorités suisses, révèle la «NZZ am Sonntag». L’auteur présumé des coups de feu a derrière lui un itinéraire chahuté, que retrace «Le Matin dimanche». Il avait déjà eu affaire à la justice pour une longue liste d’actes racistes, mais le procureur soleurois chargé de son cas lui a reconnu de circonstances atténuantes: «Il a eu une enfance que je ne souhaite à personne.» Refrain connu.