En Suisse, les dépenses de santé par personne vont atteindre 10 176 francs en 2018, selon les estimations du Centre de recherches conjoncturelles (KOF), affilié à l’EPF de Zurich, présentées mardi.

Une hausse des coûts de 4% est de nouveau attendue en 2019, pour atteindre 90,8 milliards de francs contre 77,7 milliards en 2015. Le coût par habitant sera de 10 484 francs.

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Toutefois, «les perspectives s’éclairciront» durant les deux années à venir, précise l’institut. Les mesures politiques prises pour enrayer la hausse des prix devront montrer leurs effets. Et la croissance des coûts du secteur ambulatoire devrait peu à peu ralentir.

Le vieillissement de la population en cause

Pour 2017, le KOF prévoit une augmentation de 4,1%, notamment à cause du vieillissement de la population et de facteurs économiques. Déterminants pour expliquer une hausse des coûts de la santé, ils ne seront que faiblement atténués par la révision du prix des médicaments, relève l’institut.

Par ailleurs, pour l’année en cours, le secteur ambulatoire continue de s’accroître plus fortement que le secteur hospitalier en matière de coût. Le nombre de «soins de longue durée» devrait également augmenter. Pour l’an dernier, la croissance devrait être de 3,8%.

Rabais pour les modèles spéciaux

Felix Schneuwly, de Comparis.ch, demande un financement qui soit le même dans l’ambulatoire et le stationnaire: 25% par les cantons, 75% par les caisses maladie. Les cantons n’interviennent actuellement que dans le financement du stationnaire à hauteur de 55%.

L’expert ne croit pas au succès d’une pression pour opérer davantage en ambulatoire. Cela fait augmenter les primes. De plus, les cantons refusent de passer à la caisse et coupent même dans les réductions de primes, selon lui.

Felix Schneuwly demande aussi d’accorder des rabais de primes plus importants pour les assurés qui se tournent vers des modèles spéciaux comme le médecin de famille ou le HMO. En revanche, les primes de ceux qui courent aux urgences ou chez un spécialiste pour le moindre bobo devraient affronter des primes plus hautes. A terme, l’efficacité d’une thérapie doit davantage être prise en compte pour les soins les plus coûteux.