Un faux espoir est né de la conférence de presse du Conseil fédéral mercredi. La ministre des Sports, Viola Amherd, annonçait que les nageurs, comme tous les sportifs pouvant éviter le contact physique, pourraient dès le 11 mai reprendre leurs entraînements en respectant les règles d’hygiène et de distance. La natation, c’est oui, mais le bronzage sur les pelouses, c’est non, a précisé la conseillère fédérale, en ajoutant qu’il reviendrait aux communes de décider de l’ouverture de leurs piscines.

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Il s’agit de distinguer le sport de l’aspect social se jouant en dehors des bassins. Le directeur de l’Office fédéral du sport, Matthias Remund, lui emboîtait le pas: «La pratique du sport est autorisée, on peut se rendre à la piscine pour nager mais pas pour passer du temps avec les amis.»

L’ouverture des piscines est une des ouvertures les plus attendues par la population

Oscar Tosato, municipal lausannois

Dix mètres carrés par personne

Les installations sportives peuvent donc rouvrir exclusivement pour la pratique du sport. La modification de l’ordonnance indique qu’il faut compter 10 mètres carrés par personne, la distance de 2 mètres doit toujours être respectée et les groupes doivent être formés en étant clairement séparés les uns des autres. Pour que les prestataires puissent reprendre leurs activités, un concept de protection doit être élaboré détaillant comment les sportifs peuvent venir s’entraîner sans s’exposer au risque d’infection par le virus.

Les sportifs de haut niveau attendent. Le responsable de Lausanne Natation, Thibaut Lefevre, pense notamment à ses trois plongeurs qui devaient chercher leur qualification pour les JO de Tokyo. «Nous allons nous entretenir avec la ville pour demander une réouverture des bassins aux conditions de la Confédération. Mais je ne me fais pas d’illusion, j’ai bien conscience des coûts extrêmement importants que nécessite l’ouverture d’une piscine. Nous misons avant tout sur le maintien des cours d’été dans les piscines extérieures, extrêmement importants pour notre structure.»

Suisses privés de vacances à l’étranger

Les Romands auront pourtant grand besoin de la piscine comme espace social s’ils sont interdits de vacances à la mer. Selon Oscar Tosato, municipal socialiste chargé des Sports de la ville de Lausanne, «l’ouverture des piscines pour tous est une des décisions les plus attendues par la population».

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Malheureusement, à Lausanne comme dans d'autres grandes villes, elles ne seront pas prêtes avant le 1er juillet: les infrastructures doivent être préparées selon les normes, et de nombreux points sont encore non résolus. «L’accès aux piscines est pour nous une priorité absolue, mais pas question pour l’instant d’ouvrir aux conditions actuelles.» Le municipal attend la prochaine allocation du Conseil fédéral le 27 mai qui traitera de la détente des mesures de coercition dans le sport.

«Au Service des sports, nous avons dressé une liste de points auxquels nous devrons veiller. Désinfection des douches, vestiaires, file d’attente devant les guichets, etc. Les conditions d’accès aux bassins et aux pelouses ne seront pas les mêmes et le nombre d’entrées sera sûrement limité. Dès que nous aurons l’aval, nous mettrons les bouchées doubles et nous préparerons les bassins en quatre semaines. En partant du principe que les piscines auront le droit de rouvrir au public le 8 juin, nous serons prêts pour le début de juillet. En fonction de l’évolution de la pandémie, ce pourrait être plus tard, mais ce ne sera en tout cas pas plus tôt.»

Ouvrir une piscine uniquement pour un club ne semble pas être une piste privilégiée par Oscar Tosato qui réfléchit plutôt à la possibilité exceptionnelle d’autoriser l’accès à la piscine couverte de Mon-Repos habituellement fermée l’été pour offrir une infrastructure supplémentaire.

Pully et Morges

«L’ouverture des piscines nécessite aussi qu’on ouvre les frontières, confie le municipal. Les gardes-bains avec lesquels nous travaillons sont du personnel saisonnier qui vient de France.» Même chose à Morges, qui souhaite rouvrir ses installations dès fin juin mais dépend de ces maîtres nageurs étrangers. À Pully, les autorités espèrent ouvrir la piscine dans la semaine qui suivra l'autorisation d'ouverture. Le personnel est engagé et prêt à commencer. 

Il n’existe aucune preuve d’un risque de transmission du Covid-19 par l’eau de baignade. Comme pour l’eau potable, les concentrations de désinfectants utilisées pour traiter l’eau des piscines et des spas publics sont en mesure d’inactiver le coronavirus.

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