La tension entre Berne et Bruxelles n'empêche pas le courant normal des relations entre l'UE et la Suisse, comme dirait Hans-Rudolf Merz. Eneko Landaburu, directeur général des Relations extérieures de la Commission européenne (Relex), et à ce titre artisan de l'offensive fiscale de ladite, était jeudi à Genève l'hôte du Centre européen de la culture et de l'Institut universitaire de hautes études internationales, dans un contexte beaucoup moins conflictuel. Il a du reste refusé de s'exprimer sur la question, pour se concentrer sur le sujet de son exposé, la politique extérieure de l'UE. Informellement, le directeur de la Relex paraît toutefois prêt à admettre qu'il faudrait maintenant calmer le jeu.

Eneko Landaburu a défini à grands traits la politique extérieure de l'Union, dont on dit, comme on le faisait de l'Allemagne autrefois, qu'elle est un géant économique et un nain politique. Il a notamment défini trois grands axes de la politique européenne, soit le partenariat stratégique avec les trois grands, l'accession de l'euro au rang de monnaie de réserve et la défense du multilatéralisme. L'Europe n'est pas un empire, insiste Eneko Landaburu, elle n'a aucune volonté hégémonique, ce qui explique que l'on ait de plus en plus souvent recours à ses bons offices. Elle a su assurer une présence efficace dans des situations de crise, notamment lors des dernières élections au Congo, en Bosnie, où elle a pris la succession de l'OTAN et dans la province indonésienne d'Ace.

Cohérence et visibilité

Au moment de dresser un bilan de la politique extérieure de l'UE, Eneko Landaburu assure que ce qui est fait mériterait d'être mieux su mais que cela n'est pas suffisant, face à des défis qui exigent plus de cohérence et plus de visibilité. Formellement, il propose que l'UE se dote d'un ministre des Affaires étrangères qui soit en même temps vice-président de la Commission et qui préside à ce titre, dans la continuité, le Conseil des ministres des Affaires étrangères. L'UE, ajoute-t-il, devrait également avoir un service extérieur, ce qui faciliterait la définition des choix stratégiques. L'UE est la croisée des chemins, conclut-il, en formant le vœu que les propositions promises par Angela Merkel pour le mois de juin relancent une nouvelle dynamique.