Prévoyance

Les Suisses de l’étranger approuvent nettement la réforme prévoyance vieillesse 2020

Le Conseil des Suisses de l’étranger a pris position en faveur du projet porté par Alain Berset. Il a également renouvelé son comité et nommé le romand Laurent Wehrli (PLR). Des mesures ont aussi été prises pour améliorer l’accès aux services bancaires

Les 116 délégués du Conseil des Suisses de l’étranger (CSE) présents à Bâle vendredi ont pris position sur la réforme prévoyance vieillesse 2020. 80 l’approuvent, 22 la refusent et 8 s’abstiennent.

Grâce au vote électronique, un Suisse de l’étranger sur deux – parmi les 160 000 qui se sont enregistré et ont le droit de vote – pourra voter, indique Filippo Lombardi (PDC), vice-président de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE), une fondation privée, indépendante et neutre, qui chapeaute le Conseil.

Un bon compromis

Le conseiller national représentant les Suisses de l’étranger Tim Guldimann (PS) a présenté les avantages du projet, François Baur, membre d’economiesuisse, ses inconvénients. Le premier rappelle que 100 000 Suisses de l’étranger, sur un total de 775 000, sont à la retraite. Ils ne profiteront donc pas du bonus de 70 francs sur les rentes prévu par la réforme.

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Tim Guldimann considère la réforme comme un compromis, ce qui signifie qu’il ne peut satisfaire chacun sur tous les points. Mais prévoyance vieillesse 2020 permet «enfin d’avancer. L’alternative consiste à rester dans l’impasse durant encore 15 ans.» Il se félicite notamment de la hausse de 70 francs de l’AVS et de la flexibilité accrue de l’âge de la retraite.

Un projet non durable

François Baur (PLR) rappelle que le patronat romand soutient la réforme à l’inverse de la partie alémanique. Cette dernière la refuse parce qu’elle ne lui paraît pas durable. Le projet charge en effet la barque et n’assure pas le financement de l’AVS à long terme. La réforme est «injuste pour les jeunes», ajoute-t-il. Les moins de 45 ans en sont les grands perdants. Il refuse enfin «le péché originel» qui consiste à compenser la perte de revenu liée à la baisse du taux de conversion par une en augmentation de l’AVS.

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Un membre de la CSE s’étonne que l’on finance l’AVS par une hausse de la TVA et non par un impôt sur les transactions boursières. Un autre demande pourquoi on ne relève pas l’âge de référence de la retraite. Il faut prendre garde, avertit alors Filippo Lombardi, de ne pas se concentrer sur l’âge de référence mais plutôt sur la réalité économique. En Suisse, l’âge de référence est plus bas qu’en Italie, mais le départ à la retraite s’effectue plus tardivement que dans les pays voisins, ajoute ce dernier.

Un nouveau comité

Ce «parlement» des 775 000 Suisses de l’étranger a choisi son nouveau comité pour les 4 années à venir. Remo Gysin (PS) est réélu président. Les nouveaux élus de Suisse au sein du comité sont Filippo Lombardi (PDC), Laurent Wehrli (PLR), Claudio Zanetti (UDC). Les représentants de l’étranger sont Roger Sauvain, Sabine Silberstein, Silvia Schoch, Franz Muheim, Gian Franco Definti et David Mörker.

Des voix critiques se sont fait entendre à l’égard des membres du comité qui n’ont pas appuyé la position des Suisses de l’étranger au parlement au sujet des comptes bancaires. La motion Büchel (UDC), qui demandait l’ouverture d’un compte auprès des banques systémiques, avait en effet été rejetée au Conseil national en 2015. A l’évidence, la tonalité a changé et chacun s’apprête à soutenir les motions du PLR Laurent Wehrli (accès à PostFinance à des conditions similaires aux pratiques en Suisse) et du PDC Filippo Lombardi (accès aux banques systémiques).

Améliorer la représentation au parlement

La Cinquième Suisse est représentée au parlement fédéral par l’intergroupe parlementaire, qui comprend plus de 100 élus. Les thèmes que ce dernier fait avancer en ce moment sont le vote électronique, les services bancaires et la double nationalité, selon Elisabeth Schneider-Schneiter, co-présidente de l’intergroupe.

Les Suisses de l’étranger aimeraient également améliorer leur représentativité au parlement. L’idée d’élire un conseiller national issu des rangs de l’OSE, proposée par un membre, se heurte à d’importants problèmes, selon Filippo Lombardi. Un premier pas, selon ce dernier, serait d’avancer l’obtention d’une identité légale pour la Cinquième Suisse. Il s’agirait aussi d’améliorer la représentativité du Conseil des Suisses de l’étranger lui-même, ajoute-t-il.

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