Le 89e Congrès des Suisses de l’étranger a pris fin dimanche à Lugano. En cette année électorale, il fut beaucoup question de démocratie directe durant trois jours. Des intervenants ont plaidé pour une introduction rapide du vote par Internet (e-voting).

Cette rencontre annuelle a réuni quelque 400 Helvètes expatriés soucieux de la défense de leurs intérêts. Le congrès a débuté par la séance du Conseil des Suisses de l’étranger, le «Parlement de la 5e Suisse», qui s’est notamment penché sur la libre circulation des personnes.

Les 78 membres de ce conseil se sont prononcés par 65 voix contre 3 pour une résolution appelant les partis à s’engager pour le maintien et le développement de la libre circulation.

Des 700 000 expatriés, 420 000 vivent dans un pays de l’Union européenne. La libre circulation les concerne donc directement, rappelle l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE).

Le conseil entend également s’engager en faveur d’une loi sur les Suisses de l’étranger. Les délégués ont salué la motion de la conseillère nationale Martine Brunschwig-Graf (PLR/GE) demandant que les services de l’administration fédérale compétents pour les expatriés soient regroupés dans un seul service dans le sens d’un «guichet unique».

Les délégués reconnaissent que c’est un pas dans la bonne direction mais demandent à la Confédération de développer une stratégie globale. Celle-ci passe notamment par le biais de la promotion des écoles suisses à l’étranger.

Dans le contexte des élections fédérales, l’ancien conseiller national et président de l’OSE Jacques-Simon Eggly a rappelé que 135 000 expatriés suisses sont inscrits sur des registres pour voter. Ce sont 2,5% des électeurs suisses ou le nombre total des électeurs grisons, a rappelé le Genevois.

Jacques-Simon Eggly s’est demandé si la Suisse permet réellement aux Suisses de l’étranger d’exercer leurs droits politiques. Et de signaler que l’accès à l’e-voting n’est pas encore généralisé et que l’E- Government «semble jouer les Arlésiennes».

L’ancien vice-chancelier de la Confédération Achille Casanova a également considéré que la démocratie directe pour les Suisses de l’étranger «n’est pas encore réalisée». Il a aussi plaidé pour une introduction rapide et généralisée de l’e-voting, comme le souhaite également l’OSE.

Achille Casanova a fait remarquer que la démocratie directe présuppose la concordance et le respect de valeurs communes, ainsi qu’une volonté partagée de trouver des solutions. Il a toutefois regretté l’attitude des partis politiques car leur volonté «de trouver une position commune, des compromis, s’effrite toujours plus».

Ainsi que le rapporte le communiqué de l’OSE, Achille Casanova a estimé que les partis «cèdent souvent à la tentation de jouer le rôle d’une opposition. Ils instrumentalisent leurs conseillers fédéraux et ne les soutiennent guère s’ils les jugent trop indépendants. Ils se complaisent aussi à attaquer les conseillers fédéraux des autres partis.»

Invitée samedi, la conseillère fédérale Doris Leuthard a souligné que la Confédération prend très au sérieux les Suisses de l’étranger et leurs intérêts. La ministre a aussi évoqué les défis du pays dans les années futures, tant au niveau financier qu’économique.

Pour souligner la considération que porte la Confédération à ses expatriés, la ministre a parlé de l’E-Governement, soit la cyberadministration, et de la nouvelle direction consulaire active depuis fin juin. Celle-ci réunit l’ensemble des prestations consulaires au sein du Département fédéral des affaires étrangères et permet de répondre à la mobilité croissante de la population suisse.