La «NZZ am Sonntag» s’en est fait l’écho hier : la commission fédérale de l'alimentation, composée d’experts, de médecins, de diététiciens et de nutritionnistes tire la sonnette d’alarme : la consommation régulière de viande est très néfaste pour la santé. Elle prône un maximum de 170 grammes de viande rouge par semaine et de renoncer aux viandes transformées.

Cette commission écrit que «la consommation régulière de viande peut avoir, à long terme, des conséquences négatives sur la santé : augmentation de la mortalité et du risque de maladies cardiovasculaires, de certaines formes de cancer comme celui du côlon ou de diabète». Son rapport estime que, sur une période de treize ans, les gros mangeurs de viande courent un risque de mourir de près d’un tiers supérieur à ceux qui en ingurgitent peu.

Les experts vouent en particulier aux gémonies les viandes transformées telles que jambon, salami, saucisses et cervelas. Ils demandent à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) de lancer une campagne visant à réduire la consommation de viande et, surtout, de produits carnés.

Le rapport ne fixe pas de limite, mais reprend les redommandations de la Harvard School of Public Health, qui demande de s’en tenir à 170 grammes de viande rouge par semaine, ou deux repas, et de «renoncer complètement» aux saucisses et autres charcuteries. La commission fait remarquer que nous avalons le double de viande rouge et, en moyenne par semaine, 400 grammes de produits carnés transformés.

Ce rapport exaspère les producteurs et les transformateurs de viande. La profession a écrit à l’OSAV pour qu’elle ne suive pas les conclusions de la commission fédérale. Le directeur de l’Union professionnelle suisse de la viande, Ruedi Hadorn, cité par la «NZZ am Sonntag», estime que les conclusions formulées ne reposent sur rien de sérieux. tout au plus y voit-il une «relation statistique» entre consommation de viande et souci de santé. Mais aucune étude scientifique n’aurait démontré le lien avéré de cause à effet.