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Le conseiller fédéral Alain Berset peut avoir le sourire. Le soutien est assez fort en faveur de la réforme prévoyance vieillesse
© Keystone

Sondage

Les Suisses semblent prêts au compromis sur la prévoyance vieillesse

Les temps semblent mûrs pour que la population suisse accepte un compromis sur une réforme de la prévoyance vieillesse, selon un sondage gfs. Les cantons estiment aussi que la réforme d'Alain Berset présente plus d'avantages que d'inconvénients

Selon une étude de l'institut gfs.bern, une majorité se dégage actuellement au sein de la population suisse pour accepter le 24 septembre prochain la réforme Prévoyance vieillesse 2020: 60% des personnes interrogées se disent tout à fait ou plutôt en faveur de la réforme de l'AVS, alors que 28% sont contre ou plutôt contre, indique dimanche l'ATS.

Pour les partisans, les temps sont mûrs pour un compromis sur cette question. Cet argument convainc non seulement les moins de 40 ans (63%), mais aussi les votants déjà à la retraite (66%).

Accord au sein du PLR, mais pas à l'UDC

Cette tendance au compromis se retrouve de façon intéressante aussi parmi les partisans du PLR, qui combat pourtant farouchement la réforme aux côtés de l'UDC: 60% de la base électorale des libéraux-radicaux se prononcent clairement pour un «oui», selon gfs.bern. Parmi les sympathisants UDC, le «oui» tombe par contre à 38%.

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Les auteurs de l'étude soulignent toutefois que les positions vont encore fortement évoluer au cours de la campagne de votation, qui ne fait que débuter. Le sondage a été mené sur mandat de l'Association suisse des institutions de prévoyance auprès de 1078 votants de toute la Suisse.

Les cantons pour

Il n'y a pas que la base du PLR qui semble soutenir la réforme Prévoyance vieillesse 2020 contre l'avis de l'élite du parti: samedi, le vice-président de la Conférence des directeurs des affaires sociales (CDAS), le libéral-radical st-gallois Martin Klöti, l'a défendue dans la presse alémanique.

«Au final, les avantages l'emportent nettement», a déclaré le membre de l'exécutif st-gallois Martin Klöti dans un entretien au Tages-Anzeiger et au Bund. Les chefs cantonaux des affaires sociales ont discuté de la réforme des retraites lors d'une réunion du comité. «Cette séance a clairement montré que nous sommes derrière cette réforme».

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Pour la CDAS, il importe que les rentes soient garanties sur plusieurs années et que la prochaine génération bénéficie d'une structure solide. Ce que la prévoyance vieillesse peut justement fournir. De plus, elle vise à décharger les cantons au niveau des prestations complémentaires.

En cas de «non» le 24 septembre, le nombre de rentiers qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts peut augmenter drastiquement, avertit M. Klöti. Si cela devait arriver, les dépenses liées aux prestations complémentaires prendraient l'ascenseur au niveau cantonal, d'après lui.

De la «vaseline»

Concernant la résistance de son parti au projet d'Alain Berset, le St-Gallois déclare «ne pas comprendre la véhémence avec laquelle certains collègues de parti et beaucoup de jeunes combattent cette réforme».

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On peut tout à fait entrer en discussion au sujet de la hausse prévue des rentes de 70 francs pour les nouveaux rentiers, selon lui. Le PLR estime toutefois que cette somme a servi de «vaseline» pour que la réforme soit acceptée par le Parlement.

Les 70 francs sont à considérer comme une partie d'un tout. Le plus important est que les députés aient trouvé un compromis après un travail de longue haleine: à savoir, un bonus de 70 francs et une hausse de l'âge de la retraite à 65 ans pour les femmes.

«Non» de droite et de gauche

La Prévoyance vieillesse 2020 est combattue par l'UDC, le PLR et les principales associations économiques. Ils estiment que la hausse des rentes AVS provoquera un endettement supplémentaire de plusieurs milliards de francs dans les prochaines décennies, au détriment de la jeune génération.

Mais l'opposition vient également de la gauche. Le référendum lancé par des partis de la gauche de la gauche comme Solidarités et des sections syndicales romandes a abouti jeudi muni de plus de 58'000 signatures.

Le projet, adopté de justesse par les Chambres au printemps, vise à garantir jusqu'en 2030 le financement de l'AVS. Il prévoit la hausse de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans, le relèvement de la TVA de 0,6 point de pourcentage et une diminution des rentes du 2e pilier. Le taux de conversion de 6,8% sera progressivement abaissé à 6%.

Des mesures compensatoires sont prévues dans l'AVS avec un bonus de 70 francs pour les nouveaux rentiers et un relèvement de 150 à 155% du plafond de rente pour les couples mariés.

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