Energie

Les Suisses voteront sur la sortie du nucléaire cette année

Après le Conseil national, le Conseil des Etats rejette l'initiative des Verts. Celle-ci exige l'arrêt de tous les réacteurs d'ici à 2029

On votera sur la sortie du nucléaire en septembre ou en novembre. L'initiative populaire des Verts n'a pas trouvé grâce devant les Chambres fédérales, qui lui préfèrent sans hésiter la Stratégie énergétique 2050. Mercredi, le Conseil des Etats a décidé d'en recommander le rejet par 30 voix contre 12 et une abstention. Comme le Conseil national a pris la même décision, le texte est mûr pour être soumis au peuple.

Cette initiative demande que les centrales soient débranchées après 45 ans d'activité. La question ne se pose plus pour Mühleberg, qui cessera de produire du courant en 2019, soit après 47 ans d'exploitation. Elle se pose en revanche pour les deux réacteurs de Beznau, en service depuis 1969 et 1971. Le premier est à l'arrêt depuis juillet 2015 à la suite de la découverte d'anomalies dans l'enveloppe de la cuve de pression. Après avoir été contrôlé, le second a redémarré en décembre.

Lire aussi: Mühleberg s’arrête fin 2019, le nucléaire survit

C'est pour les deux centrales les plus récentes que l'initiative aurait les conséquences les plus lourdes. Gösgen devrait mettre la clé sous la porte en 2024 et Leibstadt en 2029 alors que ces deux sites sont plus récents et peuvent théoriquement être exploités plus longtemps, pour autant que les conditions de sécurité soient remplies, prévient le conseiller aux Etats Beat Vonlanthen (PDC/FR).

Dédommagements importants

En cas d'arrêt prématuré, il faut attendre des propriétaires qu'ils exigent des dédommagements importants, poursuit-il. L'ancien patron d'Axpo, Heinz Karrer a averti dans la «NZZ» que ces indemnités pourraient se chiffrer en milliards de francs. Et comme ces sociétés, parmi lesquelles figure Alpiq, connaissent de grandes difficultés, il est peu probable qu'elles renoncent à exiger ces compensations financières.

Robert Cramer (Verts/GE) a vainement tenté mercredi de défendre le projet d'article constitutionnel de son parti. Il a rappelé les catastrophes de Tchernobyl le 26 avril 1986 et de Fukushima le 11 mars 2011. «Des techniciens compétents ont tout fait pour les éviter. Les probabilités d'accidents sont jugées négligeables, de l'ordre d'un sur 100 000 ou sur un million. Mais ça, c'est la théorie. En pratique, le risque est plutôt d'un sur 500. Il faut tout simplement arrêter de recourir à cette technologie dangereuse, mettre fin à ce mode de production mortifère. Et les centrales sont techniquement en faillite, puisque l'énergie est vendue moins chère qu'elle n'est produite», argumente-t-il sans parvenir à convaincre au-delà du camp rose-vert.

Des énergies renouvelables «pas assez développées»

De son côté, Doris Leuthard prévient: «Les énergies renouvelables ne seront pas assez développées pour compenser la fermeture de Gösgen si celle-ci doit intervenir en 2024. Il faudrait alors importer beaucoup d'électricité et celle-ci serait notamment produite par des usines à charbon ou à gaz. Est-ce cela que les Verts veulent?», questionne-t-elle.

La majorité du parlement et le Conseil fédéral préfèrent miser sur la Stratégie énergétique 2050, qui est toujours en débat aux Chambres et ne sera pas prête avant la session de juin. La question du subventionnement de l'hydraulique est l'un des points qui doivent encore être clarifiés.

Publicité