Après leur défaite aux élections fédérales d'octobre, les Verts suisses veulent davantage descendre dans la rue pour défendre leurs revendications. C'est ce qu'ont déclaré samedi les deux co-présidentes du parti, réuni à Berne en assemblée des délégués. Le 9 décembre, les Verts ne voteront pour aucun candidat UDC au Conseil fédéral.

Celui qui lutte peut perdre, a dit la conseillère nationale bernoise Regula Rytz, celui qui ne lutte pas a en revanche déjà perdu. Ce n'est qu'avec une grande pression venant d'en bas que les Verts pourront encore faire bouger quelque chose dans ce «Parlement bourgeois de droite» durant la prochaine législature.

Lire aussi: notre entretien avec Fernand Cuche, inquiet face la débâcle

«Nous ne nous relâcherons pas dans notre engagement», a aussi annoncé l'autre co-présidente, Adèle Thorens. Il s'agit maintenant de mettre davantage sur le devant de la scène politique les thèmes écologiques, afin de mobiliser tous les partisans potentiels. Il faut aussi trouver de nouvelles voies pour transmettre les aspects humanistes de la politique verte, a ajouté la Vaudoise.

Mme Rytz a en outre annoncé que les Verts ne donneront aucune voix aux candidats de l'UDC lors de l'élection du Conseil fédéral le 9 décembre. La co-présidente a au contraire réitéré son appel de fin octobre aux partis du centre-droit à présenter une candidature propre.

Les Vert'libéraux aussi

Le président des Vert'libéraux, Martin Bäumle, a pour sa part relancé ses troupes samedi à Lausanne après la déconfiture. Combatif, il a appelé à «regarder vers le futur», vers les prochaines élections communales, cantonales et fédérales. Une démission n'est pas à l'ordre du jour, a-t-il dit. «Nous savions que les élections de 2015 allaient être une épreuve. Le grand succès de 2011 était un cadeau. Nous étions un nouveau parti, les thèmes étaient l'environnement et le nucléaire après Fukushima", a rappelé samedi le président et fondateur du parti devant une centaine de délégués.

Martin Bäumle lui-même a été réélu au Conseil national, mais il a échoué à sauver le fauteuil zurichois de Verena Diener à la Chambre des cantons. Le président, dont le mandat court jusqu'en août, n'a pas évoqué un éventuel départ, malgré les spéculations dans divers médias. «Je reste président. Un retrait n'est pas à l'ordre du jour», a-t-il dit.

Il estime que son parti doit garder son indépendance, tout en étant prêt à «construire des ponts» à Berne. La perte de sièges au Parlement aura une incidence sur les comptes du parti, qui devra se passer d'une contribution fédérale de 187 600 francs. Le secrétariat général, qui compte aujourd'hui 7,3 postes à plein temps, n'en comptera plus que 4,4 l'an prochain.