Le syndicat «Actions Unia» accuse. Hier, il a dénoncé dans un communiqué les conditions de travail «particulièrement graves» prévalant dans les officines genevoises de Sun Store et entend porter l'affaire devant la justice dès la rentrée. La direction de l'entreprise a réfuté en bloc ces griefs.

Selon Jamshid Pouranpir, secrétaire syndical, l'accord entre Sun Store et le groupe d'assureurs Cosama (Le Temps du 16 août) pourrait encore aggraver la situation des 700 employés de la chaîne, car «les économies réalisées se font sur le dos du personnel». Le syndicat dénonce les salaires de 25 à 30% inférieurs aux salaires prévus par la convention collective de la pharmacie, l'horaire hebdomadaire de travail de 42 heures au lieu de 40 h 30, le non-respect du cahier des charges des assistant(e)s et apprenti(e)s, et les heures supplémentaires non ou mal rémunérées. Selon le syndicat, Sun Store violerait aussi le code des obligations en ce qui concerne le paiement de salaire en cas de maladie, en mettant les deux premiers jours de maladie à la charge de l'employé(e).

Des accusations que Francis Rossier, membre de la direction de Sun Store, a en grande partie récusées hier. Selon le cadre de la direction, l'entreprise ignorait que, de par son affiliation à l'Association genevoise des pharmacies, elle était aussi liée à une convention collective. Au printemps dernier, elle a eu affaire, à sa grande surprise, au syndicat lorsque celui-ci a pris la défense d'une employée licenciée pour faute grave. Les mauvaises relations avec Unia trouveraient là leurs origines.

«Je suis scandalisé quand Sun Store prétend ignorer qu'elle était liée à la convention collective de la pharmacie. C'est un mensonge», assure Jacques Follonier, président de l'Association des pharmacies de Genève. Il explique que c'est précisément parce qu'elle ne la respectait pas que Sun Store a été radiée, en juin dernier, de l'association professionnelle.