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La Ville de Genève et le Canton ont accordé leurs violons pour pacifier le terrain des surélévations.

Genève

Surélévations: ville et canton s’accordent sur un modus vivendi

Afin d’apaiser les relations entre une municipalité hostile vis-à-vis des surélévations d’immeubles et un canton manquant de logements, un accord a été obtenu. Des critères plus précis permettront d’objectiver la délivrance d’autorisations

A Genève, une fois n’est pas coutume, la Ville de Genève et le Canton ont accordé leurs violons pour pacifier le terrain des surélévations, objet de querelle depuis de nombreuses années entre une municipalité méfiante – pour ne pas dire hostile – vis-à-vis des surélévations d’immeubles et un canton en manque cruel de logements, vraisemblablement très à l'aise avec l'octroi d'autorisations. Les deux protagonistes ont dévoilé mercredi une nouvelle méthodologie permettant d’objectiver la délivrance de préavis. Un outil qui doit «mettre fin à la guerre des surélévations, dépolitiser le débat et nous permettre de revenir à ce qui devrait être le vrai sujet, à savoir la qualité architecturale», prophétise Antonio Hodgers, conseiller d’Etat chargé du Logement et de l’Aménagement. Pour son homologue municipal, le conseiller administratif Rémy Pagani, il s’agit avant tout de mettre à plat «la problématique» des surélévations.

Contexte urbain et impact sur l'espace public

Problématique? Surtout à ses propres prunelles. Depuis son entrée à l’exécutif de la Ville en 2007, le magistrat de la gauche de la gauche s’est illustré par sa disposition toute naturelle à s’opposer aux surélévations projetées sur son territoire. Si ses adversaires – et ils sont nombreux – estiment que le magistrat a «systématiquement» recouru contre les aspirations à prendre de la hauteur, le principal intéressé relativise l’ampleur de son aversion pour les surélévations. «Au grand maximum, nous avons recouru contre 10% des autorisations délivrées», répond Rémy Pagani, sans pour autant être capable de donner un chiffre précis. Qu’importe le nombre, aurait pu dire l’élu d’Ensemble à Gauche, puisqu’il juge ses recours justifiés, notamment «lorsque l’on surélève un immeuble dans un quartier qui est déjà largement densifié» ou lorsque «cela se fait sans réflexion d’urbanisme ou sans contrepartie». «On ne peut pas surdensifier dans le seul intérêt des propriétaires», avançait-il en 2013, s’il est encore nécessaire de rappeler la racine idéologique de ses contestations.

Mais revenons à la méthodologie choisie. Elle consiste à examiner la surélévation selon quatre strates: le contexte urbain ou le quartier dans lequel elle s’inscrit; le groupe d’immeubles ou l’îlot qui l’entourent; l’impact de la surélévation sur l’espace public ou privé; enfin le rapport de la surélévation à son immeuble-socle. Chaque strate comporte plusieurs questions – «L’objet surélevé s’intègre-t-il naturellement dans son contexte?», «La surélévation prétérite-t-elle de façon critique l’ensoleillement?», etc. – dont les réponses doivent permettre d’alimenter l’argumentaire des services de l’Etat qui préavisent les dossiers de surélévations.

Expérimenté depuis près d’une année, ce nouvel instrument recueille l’adhésion des administrations cantonales et municipales, lesquelles relèvent que leur appréciation a été divergente «dans une faible minorité de cas». Selon Alain Mathez, secrétaire de la commission cantonale d’architecture, ces divergences concernent notamment des surélévations importantes (en nombre de logements), lesquelles génèrent de nouveaux besoins (buanderie, caves, place de parc, gestion des déchets). A terme, «cette méthodologie permettra d’aller présenter les projets devant les riverains ou devant les tribunaux», commente Rémy Pagani. Ce sera aussi un «utile manuel d’aide au projet pour les mandataires et les propriétaires», promettent les autorités. Un constat que partage le président de la Fédération des architectes et ingénieurs de Genève (FAI), Daniel Starrenberger: «Nous sommes favorables à tout ce qui peut offrir plus de clarté dans l’exercice de notre pratique».

Apparemment, le secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière Christophe Aumeunier ne partage pas un tel enthousiasme. «Au contraire, c’est incompréhensible que de remettre en cause une loi approuvée en 2009 (celle autorisant la possibilité, à certaines conditions, de surélever des immeubles, ndlr) en ajoutant une nouvelle couche administrative. Je doute d’ailleurs de la légalité de cette démarche», qu’il qualifie d’ailleurs de «manœuvre consistant à imposer une architecture étatique». Celui qui est également député libéral-radical doute que cet outil permette de créer des logements supplémentaires, «dès lors que l’Etat ajoute de nouveaux critères». Une chose est certaine, les surélévations ne parviendront pas à extirper le canton de la situation de pénurie qu’il endure. De 2008 à fin 2015, 138 projets de surélévations ont été autorisés, dont 117 en Ville de Genève, représentant en Ville de Genève un potentiel d’environ 560 logements.

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