Acquittée. Voilà Rachel enfin libérée d’un premier démon. Les juges du tribunal de première instance, à Monthey, exemptent la jeune femme de toute inculpation et lui accordent un dédommagement pour tort moral de 50 000 francs, à la hauteur des ambitions fixées par son avocat Me Frédéric Delessert.

Au terme du procès, mardi, le procureur du Bas Valais André Morand avait requis entre 400 heures de travail d’intérêt général et quinze mois de prison ferme pour ses agresseurs, cinq Kosovars. Passée à tabac, par coups de pieds dans la figure en janvier 2007, en plein centre-ville, Rachel, qui tenait le rôle de prévenue dans sa propre histoire pour avoir, plus ou moins activement participé à la rixe, en attendait évidemment bien davantage – elle ne s’en est jamais cachée.

«Sans pour autant céder aux sirènes de la vindicte populaire», selon les avocats de la partie civile, la cour du tribunal d’arrondissement de Monthey, présidée par Claude Vuadens, durcit considérablement les peines. Impliqués à des degrés divers dans la bagarre, les accusés écopent entre six et vingt-trois mois de prison. Trois bénéficient du sursis. Et l’un d’entre eux, celui dont le passé judiciaire est le plus chargé – retenu coupable de viol et séquestration dans une autre affaire révélée par l’instruction et psychiquement instable – se voit imposer un «traitement institutionnel dans un établissement fermé», soit l’internement.

Vu les circonstances, son avocat Me Laurent Métrailler, juge qu’un appel serait malvenu. Le dossier pourrait tout de même être renvoyé par devant le tribunal cantonal. C’est l’avis de Me Vincent Fracheboud, en attendant les considérants sous réserve de la volonté de son client. «Il n’a fait que séparer les combattants et n’a frappé personne comme le confirment des témoins». Il mériterait l’acquittement, dit-il.

Le tribunal ne suit pas non plus le procureur sur le sort du présumé principal auteur des coups sur Rachel. En lieu et place d’une condamnation ferme à quinze mois de prison, il le met au bénéfice du sursis (18 mois).

Le verdict à peine tombé, se pose déjà la question des suites administratives à donner au dossier, soit l’expulsion probable de l’un ou l’autre des ressortissants Kosovars plus précisément. Depuis la révision du Code pénal, c’est en effet au Service cantonal de la population et des migrations qu’incombe la responsabilité de révoquer ou ne pas renouveler les autorisations de séjour des étrangers délinquants.