Transports

Swiss Air Force fait peau neuve

Pour la première fois depuis un quart de siècle, le Conseil fédéral dispose d’un avion de transport neuf. Qui, de plus, est de fabrication suisse

Tout beau et, surtout, tout neuf. Ce point est important car, explique Paul Thoma, chef du Service de transport aérien de la Confédération (STAC), «c’est la première fois depuis vingt-six ans que nous avons un avion neuf, les précédents étaient tous achetés d’occasion». Il est aussi le premier de fabrication suisse. Le Pilatus PC-24 acquis par la Confédération pour environ 10 millions de francs est le nouveau moyen de transport qu’utiliseront les membres du Conseil fédéral pour se rendre à l’étranger. Il a été présenté jeudi à l’aéroport de Berne-Belp. Il succède au Cessna 560 XL qui, en service depuis 2002, sera revendu, sans doute aux Etats-Unis. Le gouvernement continuera ainsi de disposer de deux jets pour ses voyages: le nouveau PC-24 et le Dassault Falcon 900EX EASy II, construit en 2008 et racheté à la principauté de Monaco en 2013.

Munis de l’inscription «Swiss Air Force» sur la carlingue, ces petits appareils se situent à des années-lumière de l’énorme Boeing 747 Air Force One du président des Etats-Unis et du volumineux Airbus A330 utilisé par Emmanuel Macron et le premier ministre Edouard Philippe. Leur équipement intérieur ne ressemble en rien aux luxueuses chambres à coucher et salles de réunion des aéronefs américain et français. «On est modeste, on est en Suisse», sourit Olivier Queloz, l’un des dix pilotes qui ont été ou seront formés à la conduite du premier jet d’affaires construit par Pilatus.

Acheminement de matériel

Le PC-24 est un petit engin, de taille et de capacité comparables au Cessna 560 XL qu’il remplace: il peut transporter huit passagers au maximum (dont un assistant de cabine ou une hôtesse), a une envergure de 17 mètres pour une longueur de 16,8 mètres, pèse environ 8 tonnes et dispose d’une autonomie de vol de 2800 kilomètres. Il peut emmener les membres du gouvernement et leurs accompagnateurs partout en Europe, en Afrique du Nord et jusqu’à Moscou sans escale. Pour les distances plus longues, le Conseil fédéral continuera d’utiliser le Falcon 900, dont la capacité est de 14 places et le rayon d’action de 8100 kilomètres.

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Grâce aux avancées technologiques, le pilotage s’appuie davantage sur l’assistance automatique, par exemple pour la gestion du fuel ou les plans de vol. Le cockpit consiste surtout en une juxtaposition d’écrans. «Mais il n’y a finalement pas de grandes différences», relativise Olivier Queloz. S’il est principalement destiné aux déplacements des membres du gouvernement – le premier vol est planifié la semaine prochaine à Rome –, il pourra aussi être utilisé pour d’autres missions. Son compartiment fret est plus grand, ce qui permettra d’acheminer du matériel, au Kosovo ou ailleurs. Contrairement au Cessna, il sera apte à atterrir sur des pistes en terre battue, par exemple en Afrique. Cela peut être utile pour des missions humanitaires ou médicales. Son point faible: l’atterrissage en cas d’épais brouillard. Le Falcon est mieux armé pour une telle situation.

Espace intérieur réduit

Le PC-24 est aussi moins spacieux. Son intérieur est relativement exigu et le plafond plutôt bas. Les sièges sont confortables, mais l’espace «services» a été réduit à sa plus simple expression. Pas de cuisinette, ni de machine à café, ni de four à micro-ondes. Juste un évier-lavabo et de la place pour stocker des snacks, des boissons froides et des thermos. Et, au-dessous du lavabo, les… toilettes. Un WC amovible, à mettre en place soi-même, installé juste en face de la porte de l’avion, entre le cockpit et la cabine, dont on s’isole en actionnant deux parois latérales coulissantes. Cette solution a été retenue pour gagner de la place. Mais elle offre une intimité très relative. Comme le PC-24 a été prévu comme un court ou moyen-courrier, les concepteurs ont pensé que cet espace restreint suffirait. «L’appareil a été équipé de façon à être adapté au travail quotidien dans différentes configurations», résume Paul Thoma. Il reste maintenant aux membres du Conseil fédéral à l’expérimenter.

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