Les mises en accusation prononcées vendredi ne peuvent que rappeler de mauvais souvenirs aux radicaux, puisque la débâcle de Swissair fut également celle d'une partie du parti, qui peine encore aujourd'hui à s'en relever, et qu'elle mit sérieusement à mal le «Filz», soit le réseau de liens étroitement tissés entre le PRD et l'économie. Ironie du sort, les radicaux étaient précisément réunis vendredi à Glaris en assemblée des délégués, pour y discuter du nouvel article constitutionnel sur la formation. Ils y approuveront, aujourd'hui samedi, la première partie de leur nouveau programme, consacrée à la Suisse de l'intelligence. Le parti était fort peu soucieux, dans ces conditions de s'étendre sur les problèmes du passé et beaucoup plus désireux de se tourner vers l'avenir.

Ne pas brouiller le message

La très forte réticence des représentants de la direction à s'exprimer sur Swissair devait sans doute quelque chose, vendredi soir, à la décision prise par le comité directeur de ne pas communiquer sur la question, de façon à ne pas brouiller le message d'un parti en plein effort de renouvellement. Mais un simple coup d'œil sur la salle apportait une explication complémentaire à ce désintérêt plus ou moins sincère. Ce n'est pas le même parti aujourd'hui que celui dont l'élite fut à l'époque partie prenante ou complice des turpitudes de certains cercles économiques.

Le dinosaure Mühlemann

Dinosaure politique survivant de cette époque, l'ancien conseiller national Ernst Mühlemann n'hésitait pas pour sa part à qualifier d'ennuyeux ce rappel du passé, qui va fournir l'occasion à tous les adversaires des radicaux l'occasion de les montrer du doigt. La meilleure riposte à son avis est d'avoir aujourd'hui un discours clair et convaincant sur les valeurs.

De façon très succincte, le chef du groupe parlementaire, le Zurichois Felix Gutzwiller énonçait un commentaire en trois points. «C'est à la justice de faire son travail, il faut respecter la présomption d'innocence, et dès lors que chaque nouvelle étape rallume l'affaire, les radicaux sont soulagés que les choses avancent», même si, regrettent deux ou trois d'entre eux, elles avancent lentement.