A la veille des élections, aucun parti, aucun observateur politique, aucun journaliste n’avait prévu le résultat écrasant d’Oskar Freysinger. Cette dernière semaine, tous donnaient le trio PDC premier, Oskar Freysinger derrière eux et Varone ensuite. Avec quelque 5000 à 10 000 voix d’écart entre eux. Mais rien ne s’est passé comme prévu.

Parce que les partis et les analystes évaluent la situation par rapport aux élections passées, aux réseaux habituels. Chaque parti mesure ses forces, imagine les réactions de son électorat dans une configuration connue. Mais cela ne suffit visiblement plus et ne tient pas assez compte d’un nouvel électorat volatil. «Cette campagne, c’est le signe d’un Valais qui a les habits qui craquent», disait un observateur il y a quelques jours. Et les partis semblent, dans cette configuration particulière, avoir perdu le contact avec les Valaisans. Ceux-ci se sont libérés des mots d’ordre des partis, ont outrepassé le vote ethnique habituel pour soutenir largement un professionnel de la communication, une bête politique. Tous ont sous-estimé la puissance de cette aura et le changement de société que cela signifie. A commencer par le parti de Christian Varone, qui a fait le choix d’opposer un fonctionnaire, professionnel de la sécurité, à un «show man». «Le journaliste n’est pas un ennemi, c’est un idiot utile», avait affiché le PLR dans son «stamm» dimanche. Pour Oskar Freysinger, le journaliste est dans tous les cas un ami qui, quoi qu’il écrive, aura au moins parlé de lui

Est-ce le signe d’un véritable changement ou un accident de parcours lié uniquement à la personnalité d’Oskar Freysinger? Il faudra attendre le second tour, et sans doute la prochaine législature, pour le mesurer.