Le syndic d’Eclépens Claude Dutoit vit cette journée comme la fin d’un cauchemar. «Nous nous sommes sentis abandonnés par les instances cantonales», livre-t-il. «Elles auraient dû intervenir dès le commencement de l’occupation. Nous sommes restés sans réponse pendant trop longtemps. La population en a ras le bol.» Claude Dutoit s’est rendu sur place, mardi, «pour pouvoir rapporter quelque chose au Conseil communal». «Ces derniers mois ont été très difficiles, nous voulons désormais que tout soit terminé au plus vite, sans blessés, et pouvoir retrouver notre Mormont que l’on affectionne tant», déclare-t-il.

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A l’extrême gauche de l’échiquier politique, c’est la déception. «Nous déplorons que le gouvernement cantonal et son bras armé conçoivent la protection de la propriété privée d’une multinationale aux pratiques commerciales hautement problématiques comme un combat plus important que celui pour la sauvegarde de notre environnement», écrit SolidaritéS dans son communiqué. «Nous regrettons d’autant plus cette décision qu’elle est promulguée par un Conseil d’Etat «de gauche» qui se dit préoccupé par la question climatique. Par ailleurs, elle est portée par une conseillère d’Etat élue par le peuple vaudois sous l’étiquette des vert·e·s.»


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Les Verts reprennent le flambeau

«Les jeunes activistes ont largement réussi leur pari avec leur cri du cœur: tirer la sonnette d’alarme quant à notre dépendance au ciment et à propos des émissions de CO2 de cette industrie, sans parler de la sauvegarde de la biodiversité», les félicite le député vert Raphaël Mahaim. «C’est maintenant au politique de répondre à ces défis immenses. Chez les Verts, nous avons déjà repris le flambeau en nous battant comme des lions au parlement pour ce site, comme nous l’avions d’ailleurs déjà fait en obtenant du Grand Conseil qu’il exclue le sommet de la future exploitation par Holcim. J’espère que nous allons pouvoir protéger définitivement ce qui peut encore l’être.»

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L’UDC vaudoise salue les opérations visant à évacuer les zadistes sur le site du Mormont, tout en regrettant que le Conseil d’Etat rose-vert ait été contraint d’user de la force après avoir «légitimé la désobéissance civile en tolérant l’enlisement de la situation». «Notre parti dénonce la lâcheté du Conseil d’Etat rose-vert dans la gestion de ce dossier, préférant se soumettre aux activistes illégaux plutôt que de faire respecter la loi», lancent-ils dans un communiqué. «Aux yeux de notre parti, la responsabilité du Conseil d’Etat rose-vert est totale dans ce fiasco ayant conduit le site du Mormont à devenir une zone de non-droit.»

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