La séance de mercredi s'est terminée vers minuit. C'est qu'il y avait matière à mener de vives discussions: le syndicat des enseignants de l'école primaire était convoqué par le ministre Charles Beer pour discuter de l'avenir de l'Ecole. Et de l'attitude offensive adoptée par la Société pédagogique genevoise (SPG) depuis le plébiscite populaire sur le retour des notes au primaire, le 24 septembre dernier (LT du 28.2.2007).

Car depuis que les Genevois ont voté, la SPG s'agite. Au cœur de ses inquiétudes: le règlement d'application de la nouvelle loi scolaire, qui doit intégrer le retour des notes exigé par le peuple. Alors que le texte est pratiquement sous toit, le président de la SPG, Olivier Baud, dénonce la trop grande influence qu'aurait exercée l'Association refaire l'école sur Charles Beer. Et le magistrat réplique que la marge de manœuvre est étroite: n'en déplaise à la SPG, des moyennes trimestrielles seront introduites à la rentrée 2007.

La rencontre aura en tout cas servi mettre un terme à un début de nouvelle polémique scolaire. Après avoir envoyé trois lettres incendiaires au socialiste Charles Beer, Olivier Baud a apprécié d'avoir pu exposer, de vive voix, ses griefs au patron de l'Ecole. «L'association des professionnels est écoutée par le chef du Département de l'instruction publique», affirmait-il à l'issue de la réunion.

«Soulager les collègues»

Si le ton reste ferme - «enseigner, c'est résister», clame-t-il, le syndicaliste affirme désormais qu'il s'agit de «construire ensemble». Même si Olivier Baud affirme que «le syndicat a obtenu certaines choses», les maîtres devront s'appliquer, dès la rentrée 2007, à remettre des notes, probablement «à la demie», à leurs élèves. Puis en faire des moyennes trimestrielles et annuelles.

Olivier Baud aurait-il fait beaucoup de bruit pour rien? Le syndicaliste s'en défend: «Nous avons le devoir de soulager le malaise des collègues. Nous ne renonçons pas.»

De son côté, Charles Beer s'est félicité d'avoir eu «une discussion particulièrement franche et constructive» avec le syndicat. Désireux de sortir de la guerre des notes, le magistrat a profité de la réunion pour aborder d'autres enjeux scolaires comme le réseau d'enseignement prioritaire, la réévaluation de fonction des enseignants ou encore, la formation des maîtres.