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Des membres du personnel hôtelier des EMS Notre-Dame et Plantamour, en grève, samedi 28 octobre à Genève.
© SALVATORE DI NOLFI/Keystone

Genève

Quand le syndicat Unia implore l’évêque Morerod

Deux EMS, gérés par une association catholique, font face à un conflit social. En cause: une restructuration annoncée. Le syndicat Unia a décidé de quérir le soutien de Charles Morerod

C’est un peu le pari de Pascal du syndicaliste. Pour défendre une trentaine de salariés de deux EMS genevois, Notre-Dame et Plantamour, le syndicat Unia Genève en appelle à l’évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Charles Morerod. Dans une lettre, Unia développe les raisons de sa colère et demande au prélat son soutien.

Une démarche peu banale, les syndicats nourrissant à l’endroit de l’Eglise une méfiance historique. «Mais tous les moyens sont bons, surtout si, par hypothèse, l’évêque nous prête une oreille attentive, rétorque Giulia Willig, secrétaire syndicale chargée des EMS. Nous ne sommes pas opposés par principe à faire appel à l’Eglise, puisque ces EMS sont gérés par l’association Notre-Dame de la Compassion.» Bien mal nommée pour le coup, à en croire le syndicat.

Quel conflit justifie-t-il cette prière? Une restructuration qui laisse présager le pire, selon Unia. La direction des deux EMS a en effet décidé récemment d’externaliser les services hôteliers de ces deux homes pour personnes âgées à la société Adalia Senior Services. Des femmes de chambre, des lingères et des employées de cafétéria verront donc leurs contrats transférés à cette nouvelle société. Et Unia a tout lieu de croire que ce personnel en pâtira, même si Giulia Willig concède que «la société a l’obligation de ne pas baisser les salaires et de ne pas licencier pendant un an». Quoi qu’il en soit, ces employées seraient alors soumises à la convention collective de travail de l’hôtellerie-restauration, dont les salaires minimums sont de 3417 francs mensuels, alors qu’ils touchent aujourd’hui entre 4029 francs et 5600 francs en fin de carrière.

Des tracts à l’heure de la messe

La semaine dernière, le personnel a donc procédé selon l’usage syndical: 16 personnes se sont mises en grève – laquelle se prolonge cette semaine – et se sont fendues d’une lettre au patron. Lequel se trouve être un abbé. Comme celui-ci n’a pas répondu, Unia s’est montré inventif: les grévistes ont investi dimanche dernier le parvis de Notre-Dame, à Cornavin, à l’heure de la messe: «Des paroissiennes, surtout, nous ont exprimé leur soutien, et nous ont suggéré d’écrire à l’évêque, qui aurait un potentiel d’écoute plus sensible», relate la responsable syndicale.

Contacté, celui-ci avoue une certaine perplexité devant ce courrier peu banal: «Il y a sur le territoire du diocèse des centaines d’associations et de fondations, dont j’ignore généralement l’existence bien qu’elles aient un lien historique avec des congrégations religieuses ou des paroisses. Mais il ne m’appartient pas d’intervenir dans la gestion de ces institutions parfaitement indépendantes.»

Prudent, le syndicat ne s’en remet pas uniquement aux voies du Seigneur. Alors que la grève se poursuit en ce début de semaine, il espère que des résolutions seront déposées par des députés, et appelle d’ores et déjà la population à un rassemblement, jeudi, devant le Grand Conseil. Plus classique et moins iconoclaste que la tentative de transformer l’évêque en grand patron.

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